
Bonjour,
Nous voici Jean, William et Laetitia expatries à Bangalore, la silicon Valley de l'Inde !
Pour ceux qui ont suivi le début de nos aventures depuis Avril 2006 via ma newsletter, vous pourrez continuer grâce à ce blog!
vous trouverez ci contre les principales rubriques, certaines plus dédiées aux proches qui veulent savoir comment on vit ici et comment William évolue, comme celles intitulées William, Quotidien, Activités.
La rubrique culture et traditions évoqueles spécificités indiennes que l'on découvre et qui se mèlent à notre quotidien, et la rubrique tourisme vous donnera des informations sur nos escapades en dehors de Bangalore.
Bonne lecture , et n'hésitez pas à poster des commentaires!
Laetitia
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Encore une page qui se tourne… Hier notre couple d’amis franco-singapourien Olivier, Angie (alias Kim Lan) et leur fils Louis ont quitté Bangalore. Ils partent maintenant s’installer à Grenoble. Nous avons vécu plein de bons moments avec eux alors ils méritent forcément une place dans ce blog, qui deviendra « nos mémoires de Bangalore » J. En guise de souvenir de leurs meilleurs moments passés à Bangalore, je leur avais aussi composé un poster montage photos qu’ils ont je crois bien apprécié.
Lors de leur soirée de départ, ils ont eux composé une chanson, sur l'air de « Adieu, Monsieur le Professeur », de Hugues Auffray qu’ils ont chantée devant toute l’assistance. Si j’ai envie de vous en livrer les paroles c’est parce que c’est « exactement çà ! », ce qu’on vit ici ou ce qu’on ressent… Ce moment était à la fois amusant et émouvant. Evidemment pour vous lointains français cela ne vous évoquera pas grand-chose, mais les ex-expat de Bangalore, ou ceux qui sont venus nous voir, reconnaîtront bien des points J. C’est tellement juste que cela pourrait devenir notre hymne. La chanson a été écrite en français et en anglais, je vous rajoute quelques petits commentaires en bleu…
Les amis font une farandole
et les Toffin sont tout émus (Toffin est leur nom de
famille)
Demain, ils vont quitter leur Palm Meadows
Chez Schneider Olivier n'ira plus
Adieu nos amis carnassiers (ils étaient
végétariens par choix pas par religion)
On ne vous oubliera jamais
Et tout au fond de notre coeur
D'artichaut on s'est régalé
Nous vous offrons un peu de pinard
Pour dire combien on vous aimait
On ne vous oubliera jamais
Adieu nos amis les râleurs ! (réputation
de raleurs les frenchies ?)
Marathahalli bridge is now over
the traffic becomes fantastic
Especially to go to new airport
That's the beauty to live in Bangalore
(nous avons vu se construire ce fameux pont de Marathahalli
pierre après Pierre et il a quand même réduit le temps d’embouteillage à cet endroit incontournable pour aller en centre ville; en revanche l’aéroport que l’on connaît était à 30 mn de notre
quartier, il a fermé, et le nouvel aéroport ouvert en avril 2008, certes plus grand et moderne est maintenant à quasi 2h de route..)
Goodbye the Veg' and the Non-Veg'
Adieu Masala and pooja
How to survive without chai
no fireworks for Diwali
(j’ai déjà
plus ou moins parlé de ces choses mais pour mémoire, le masala est un mélange d'épices bien pimenté, les pooja sont les prières hindoues; le chai est le thé au lait et aux
épices très sucré ; la fête de diwali est un festival ou on craque moultes feux d'artifice et
pétards)
So good the silicon Valley (surnom evidemment de Bangalore)
is in fact the silly cow valley (mignon le jeu de mot!)
You said you need just 5
minutes
I'm waiting for a century (trop vrai sur la notion du temps
ici!)
Expat contract is almost over
It's time to pack and to party
Adieu villa, housemaid and driver
Atcha, go back to reality (mouais, moi ça me fait peur à ce niveauJ
)
Goodbye Whitefield and Palm Meadows
Maintenance, security teams
Why were you so frequently out
Especially during blackouts ?
En effet les coupures de courant et autre problème électrique restent très fréquents, et à chaque réparation ou appel de la maintenance, on me dit “ah mdam, this is just loose connection”.. cette phrase restera dans mes archives c’est sur)
Thank you India, Karnataka,
you have made us very happy
You are like that, you are like that,
We know you are like that « only »...
“only” est une des expressions les plus typiques ici en anglais-indien, on le met à toutes les sauces, par exemple un chauffeur dira toujours quand vous tentez de savoir ou il est passé ou s’il est en retard « I am here only »… bref il est presque là mais à vous de trouver à combien de temps se réfère ce presque, ou ce « only »…
Merci Angie et Olivier, vous nous manquerez ! bonne continuation et bonne chance pour la suite de vos aventures ! et on se reverra peut être quelque part en France ?
Hier, William nous a fait spontanément et tout seul dans son coin un dessin, qui pour la première fois ressemble à un vrai bonhomme ! en ce moment j’avais remarqué qu’il aimait passer plus de temps à colorier et dessiner mais il me fallait son explication orale pour comprendre son « monde »… voilà donc une nouvelle étape qui est arrivée sans prévenir du jour au lendemain…
Pendant que nous prenions tranquillement notre café, il est arrivé, avec un brin de fierté que j’ai tout de suite décelé, pour nous montrer son « œuvre » en nous expliquant que c’était Papa devant la porte de la maison ! J’avoue que j’ai d’abord pensé que c’était E.T. qui venait rendre visite à ses copains humains, mais il ne connaît pas encore ce film, donc pas de doute, c’est Papa (à qui on a souhaité au passage une bonne fête grâce à cette belle coïncidence !). Je me suis quand même permise de demander où étaient ses bras, et notre William nous a répondu « ben tu vois bien ! le long de ses jambes » en nous mimant le geste J. Le soir, on a eu un autre dessin du « bonhomme-sans-tronc », cette fois avec les bras écartés J
Le Shiatsu est une technique très spécifique de massage d'origine japonaise issue de l’acupressure (shi signifie doigts et atsu pression), elle se pratique le plus souvent, sans ajout d’huile, sur des patients habillés de coton léger. Le « masseur » exerce principalement les pressions avec les pouces, les doigts et les paumes des mains (parfois même avec les coudes, les genoux et les pieds) des pressions le long des méridiens et les tsubos (des points clefs d’énergie vitale). Cette technique permet de corriger des troubles intérieurs, a des effets bénéfiques sur la santé en rééquilibrant les énergies dans le corps et évitant des blocages (qui à la longue peuvent engendrer des douleurs, symptômes, voire maladies), et selon les exercices elle a des pouvoirs extrêmement relaxants et/ou énergisants. Pratiquée à un certain niveau cette technique a des vertus thérapeutiques pour soigner des problèmes spécifiques et certaines maladies déclarées.
Si je vous parle de cela aujourd’hui, c’est parce que je suis toute fière d’avoir obtenu un joli certificat pour avoir suivi avec succès 60 heures de stage pour pratiquer à un premier niveau le shiatsu Anma « traditional Japanase Bodywork ».
Grâce à ma copine Angie, originaire de Singapour, un petit groupe de filles motivées s’est formé et on a pu suivre l’enseignement « en personne » du réputé Terry Liew fondateur de l’école de Shiatsu de Singapour (http://www.theshiatsuschool.com/).
Nous voici.. Un beau mélange de pays et professions différentes :
de gauche à droite : moi, Terry (notre Master), Chitra (indienne Kiné physiothérapeute revenant des plusieurs années aux usa), Angie (de Singapour, en formations diverses pour exercer bientôt différents types de traitements orientaux et médecines alternatives), Dana (tchèque, qui avec moi, étions les seules pas du tout du milieu « paramédical et assimilé » mais fascinées par cette facette de la culture orientale), Bindu et Carol (indiennes travaillant déjà dans un spa de Bangalore), Anna (allemande, kiné physiothérapeute).
Evidemment c’est en forgeant qu’on devient forgeron, je n’en suis modestement qu’à un petit début : Une fois les techniques de base bien acquises il faut surtout améliorer son toucher et sensibilité, ses connaissances du corps humain et même idéalement de science orientale (surtout pour la cartographie très complexe des méridiens et des points d’acupressure , et de leurs actions sur tous les organes).
En tout cas, j’ai découvert que cela me plaisait, que le sentiment de faire du bien à autrui est forcément gratifiant, et qu’en plus cela me remplaçait avantageusement une heure de gym car c’est en fait très physique à faire J .
En plus j’ai des copines très (trop ?) gentilles qui me disent que j’ai du « fluide » lorsqu’elles ont bien voulu nous servir de cobaye quand nous avons fait des « séances en réel » les derniers jours de stage sous la supervision de notre « Master », et depuis chez moi ou la chambre d’ami s’est soudainement converti en salle de massage…. Au passage, Jean est ravi lui aussi car il adore, et toujours prêt à servir de cobaye. D’ailleurs, depuis, toujours avec ma copine Angie, nous peaufinons nos connaissances et apprenons d’autres techniques pour compléter les séances.
Alors qui osera faire cobaye en France ? et qui sait devenir ensuite « client fidèle » J !!! ???
ça y est cette semaine, après deux mois de vacances, William a repris le chemin de son école Neev. Il attaque sa deuxième année de maternelle qu’on appelle ici K1. Tout s’est très bien passé, c’est à peine s’il a dit au revoir et c’est en souriant qu’il a franchi la barrière, tout seul comme un grand (car la différence avec l’année dernière c’est que maintenant les parents restent dehors dès le premier jour J) et qu’il a dit bonjour à ses nouvelles maîtresses Lakschmi, Gita et Nidhi. Il a été manifestement aussi ravie de retrouver Miss Marina, une des ses préférées et qu’il connaît déjà puisqu’elle s’occupe pour tous les niveaux principalement de la musique et des chants ! Je crois qu’elle fascine surtout depuis longtemps William car elle leur joue du piano et il adore les « trucs à touches ou à boutons » (Belle-soeurette Sophie, faudra que tu prennes la relève en France hein ?J )
Je crois qu’il était aussi content de montrer à ses copains son nouveau sac Ben 10, qu’on avait trouvé en Thaïlande et gardé à cet effet. Et oui, à quatre ans, on échappe pas aux « modes »…
je fais une parenthèse « Ben 10 » car cela restera marqué à cette période de notre séjour en Inde. C’est en fait un dessin animé qui fait fureur auprès des 4-10 ans, mais je ne sais pas si c’est suivi en France ? en bref, c’est un gamin qui, grâce à un gros bracelet, peut se transformer en 10 « aliens ou monstres » , qui ont des pouvoirs différents selon les besoins, et heureusement , vu l’age des spectateurs, ce ne sont que des monstres gentils qui justement sont là pour sauver le monde !!! passionnant n’est ce pas ? J
William avait été initié par ses copains Tristan et Baptiste lors de notre séjour à Dubaï en janvier. Depuis la fièvre Ben 10 a totalement gagné Bangalore et on commence à trouver les produits dérivés. Et si « t’as pas un jouet Ben 10, ben t’es pas d’la bande !!!! » en gros c’est ce qu’on a compris autour des bacs à sable…
Récemment des amis nous ont invités au spectacle de danse solo de leur fille Mélodie dans un temple du quartier. Cela nous a permis de découvrir une des plus importantes danses classiques indiennes appelée la bharata natyam. Le spectacle en question était donné à l’occasion de sa « Gejje Pooja » qui représente une sorte de passage à un niveau supérieur et le début d’une prochaine année d’étude de cette danse. C’est en même temps une célébration religieuse pendant laquelle les étudiantes dansent en l’honneur de leur Gourou et Maître de danse (qui en général le sont de mères en filles) et aussi en l’honneur de Nataraja, le dieu de la danse, une des formes de Shiva. Comme Mélodie est déjà très talentueuse, c’était pour nous une magnifique occasion d’en savoir plus sur cette danse qui est indissociable de la culture du pays.
Il existe 6 formes différentes de danse classique, la bharata Natyam , étant originaire de l’inde du sud et considérée comme la plus ancienne. elle est issue des Vedas et du Natyashastra qui est le recueil sacré où est codifié l'art dramatique. Jadis elle n'était interprétée que dans les temples par des danseuses (les devadasis) qui avaient dédié leur vie à leur art et aux dieux. L’aspect religieux en est donc primordial. De nos jours, elle est accessible aux jeunes filles qui le souhaitent, mais c'est toujours une danse de soliste dont l'apprentissage est très long et très difficile.
Le costume des danseuses de bharata-natyam est issu de ceux que l'on peut voir sur les bas-reliefs des temples de Chidambaram, au sud de Pondichéry, dédiés à Shiva Nataraja. Il est confectionné sur mesure, à partir d’un sari en soie (de Kanchipuram notamment), en principe bicolore et à bordures dorées. De nombreux bijoux et ornements sont utilisés. Le vêni est une sorte de petit diadème de fleurs porté dans la chevelure, complété par un bijou appelé rakodi. Des deux côtés de cette chevelure, deux autres bijoux symbolisent la Lune et le Soleil : à eux deux ils forment le chandrasuryan. Les oreilles portent quant à elles trois bijoux : le thôdu, au niveau du lobe, le simikki, qui est pendant, et la chaînette appelée mâtal. L'attikkaï est un ensemble de colliers avec pendentif. Les bracelets ne sont pas oubliés, et à la taille est portée une large ceinture métallique appelée ottiyânam.
La chorégraphie est composée de tableaux dont l'ordre a été établi par la tradition. Il y a la célébration à Ganesh, à Lakschmi , à l’Amour etc. … La danseuse utilise tout son corps, mais aussi son visage et ses yeux, avec une gestuelle complexe et des règles très strictes . J’étais très impressionnée par les mouvements des mains, qui doivent avoir une grâce et une souplesse incroyables, témoignant d’un travail dur et quotidien. Les parents du reste, pas peu fiers, (et on les comprend !), nous racontaient que même en marchant dans la maison , ou en mettant la table, par exemple, elle ne pouvait s’empêcher de s’entraîner. Pour réussir dans cette danse, il faut avoir la vocation et beaucoup de discipline personnelle et ce, dès le plus jeune age.
La scène est également toujours organisée de manière précise :
À la gauche de la scène, vue du public, se trouvent les musiciens et le(s) chanteur(s). La musique est de type carnatique. L’orchestre est emmené par
le nattuvanar qui marque le rythme avec des petites cymbales (les talams).
Dans le cas de Mélodie, c’était son gourou elle-même qui s’en chargeait, et c’était impressionnant de voir les regards entre elles, leur connivence et leur confiance mutuelle. Je comprends
maintenant pourquoi on appelle ces cymbales les Talams car c’est exactement le son qui me revient en mémoire, et dont chaque rythme avec la voix du Gourou semble indiqué la gestuelle ou le pas à
interpréter par la danseuse. « Tatatatalam, lam, laaam… » Le rythme de la danse est aussi soutenu par un percussionniste à l'aide d'un mridangam et d’un flûtiste. Une chanteuse
intervenait à certains moments spécifiques pour illustrer l’histoire. Des dizaines de grelots aux chevilles de la danseuse complètent la sonorité vraiment très spécifique.
À la droite de la scène est installée une statue de Shiva sous sa forme de Nataraja, le dieu de la danse. La danseuse entre toujours par la droite, salue la divinité, la scène, les musiciens et le public avant de débuter, et après son interprétation.
Après son grand solo, Mélodie a été rejointe pour d’autres danseuses pour compléter quelques tableaux. Voici le groupe qui vous donne une belle idée des variations de costumes possibles, toujours partant d’un sari, donc 5 mètres de tissu rectangulaire….
Bravo, merci aux parents et à Mélodie de nous avoir invités à partager ce moment que nous savions aussi très important pour eux (et sûrement stressant…). Le spectacle était vraiment très beau , même chargé d’émotions (surtout pendant une petite touche personnelle dédiée aux frenchies…) ; en tout cas, bien loin d’un spectacle « amateur » de fin d’année, malgré le jeune âge des danseuses ! j’espère que notre « star » continuera cette danse car elle a vraiment un talent. C’est sur qu’elle a du sang de Pondichéry dans ses veines, elle ne peut pas le cacher… !! ou qui sait, elle a peut-être même vécu dans un temple dans une vie antérieure ?
S’il est un sujet récurrent ici quand on parle de « bouffe » (très fréquent entre expat français j’ai remarqué), c’est bien à propos du manque que l’on a tous de la bonne baguette
française !
Je vous en avais parlé dans un article ancien… oui à raison de minimum deux heures de voiture
nous avions trouvé un endroit qui en vendait, mais finalement le rapport qualité-gout-et temps de transport ne valait pas vraiment le déplacement. Quelques autres fournisseurs un peu plus près,
depuis, s’y sont attelés mais sans succès à nos yeux (enfin à notre palais !), bref on a appris à s’en passer (et ce n’est pas plus mal pour le régime…) . Mais vent nouveau sur Bangalore…
une française Marianic, mariée à un indien, vient de s’installer, dans notre quartier, et ils ont monté leur petit business de fabrication maison de baguettes et de croissants (et maison est bien
le terme car tout se passe à leur domicile, ensuite ils se débrouillent pour livrer !) … Ils tâtonnent encore et parfois ont du mal à fournir les quantités, mais ils ont beaucoup de mérite.
Faut aussi que les clients s’habituent à la « logistique » : je commande jour 1, on me livre jour 2 fin d’après-midi, et on a envie des croissants au petit déj mais c’est déjà le
jour 3 ! en tout cas, leur production s’annonce intéressante et plutôt appréciée dans la communauté, alors on leur souhaite bonne chance.
en parallèle nous avions un autre tuyau… Une des copines expat française, Virginie, qui était déjà quelqu’un faisant beaucoup de cuisine, gâteaux et pains maisons, s’était attelé au sujet
baguette. Ses efforts pendant quasi 6 mois, je crois, ont été bien récompensés, car elle a peaufiné ses expériences et maintenant mis au point une super fabrication qui marche avec les moyens et
produits locaux. Franchement délicieuse ! et pour nous, palme de la meilleure du coin ! on est toujours ravi quand le soir, elle nous fait
la surprise de nous apporter une baguette toute chaude qu’elle a pu faire « en rabe ».
Mais c’est quand même du boulot, alors voyant l’intérêt grandissant pour le produit en question, elle a accepté de nous révéler le « secret des dieux »…elle initie petit à petit les copains motivés. Nous avons donc fait partie de « l’atelier baguette » ce matin, même Jean avait envie de voir, et bien sur Lakschmi notre maid est venue : Bon, certes, parce que tant mieux si elle sait le faire à « ma » place J quand je suis occupée ailleurs, mais aussi parce qu’on sait que c’est pour elle une super compétence à valoriser pour son avenir auprès d’autres familles expats quand nous devrons partir. (un jour viendra… et cela lui fend déjà le cœur apparemment… et moi aussi…).
Conclusion : cela ne semble pas si facile d’avoir le tour de main, et de réussir à coups surs, mais nous nous sommes régalés ce midi. Croûte dorée et croustillante, belle mie blanche
aérée…voyez la photo en entête ! A voir si on saura refaire sans la supervision de notre instructrice. Merci Virginie en tout cas !
Allez,
je ne dévoile pas ici la fabrication (sauf si certains le réclament, je vérifierai pour les droits d’auteur…eh puis franchement par écrit c’est pas top), mais surtout, après tout, vous , vous
n’avez pas besoin (ni le temps surtout !) de vous casser la tête ! il vous suffit de descendre au coin de la rue ! cocorico !
A l’age de 4 ans et un mois, on s’est aperçu qu’en fait William flottait sans ses brassards, qu’il pouvait sauter dans l’eau et remonter à la surface, etc… bref nous ne mettons plus les brassards (c’est un signe je venais juste de les perdre…) et il vient de commencer des leçons de natation. Faut dire que pour l’instant il se débrouille très bien mais façon petit chien quand il s’agit de prendre des respirations, sinon il est en permanence, certes bien allongé à la surface, mais la tête sous l’eau. J’ai quand même un doute sur le style « à l’indienne » qu’il risque de prendre J car ici tous les indiens nagent pareil (pour les rares qui savent nager finalement) , et je ne peux pas dire que ce soit un très beau crawl bien fluide… quant à la brasse, ils n’ont pas l’habitude de l’apprendre, et encore moins à cet âge… On s’y attellera donc nous-mêmes ultérieurement mais dans tous les cas c’est déjà un bon exercice de concentration et de coordination.
Il est en revanche situé assez loin des plus grands circuits et pôles touristiques (pour ne pas dire « au milieu de nulle part ») du coup plutôt méconnu des touristes, surtout étrangers. Par contre, il n’est qu’à 350 kms de Bangalore, ce qui en fait une des destinations de week-end favorites quand on habite ici. Depuis déjà deux ans ici, il était temps qu’on se décide à y aller….
Pour cela plusieurs options :
8 heures de voiture, sur des routes peu engageantes et pas question d’y circuler de nuit…
12 heures de train de nuit, certes c’est pittoresque pour ceux qui n’ont jamais testé en Inde…
ou une heure de vol « à hélices » de Bangalore à Bellary, grâce à une ligne récemment ré ouverte, sur Air Deccan
Nous avons choisi la version courte, pour profiter du week-end férié (ici aussi) du 1er mai.…
Arrivée donc en avion sur le minuscule aéroport, flambant neuf, de Bellary. Je n’ai jamais vu un endroit aussi propre en Inde, y compris des superbes toilettes ! jamais vu non plus une logistique aussi rapide : c’est simple, on descend sur le tarmac et on y récupère directement notre valise dans l’unique chariot qu’ils sont en train de décharger de l’avion… On montre notre étiquette bagage à une hôtesse, et quelques mètres plus loin, nous voila sur le « parking » de l’aéroport.
Une petite heure de route, et nous nous installons à l’hotel Malligi à Hospet (www.malligihotels.com), à 20 minutes en voiture des vestiges de Hampi : pour d’éventuels lecteurs futurs visiteurs : pas vraiment de charme mémorable mais tout à fait correct et propre, recommandé par la plupart des expats, donc choix pas très original…
Courte pause à la piscine pour se rafraîchir : on s’aperçoit que la piscine « de l’hôtel » est en fait ouverte aux non-résidents et du coup noir de monde… en deux minutes, ça y est… une bande de jeunes ados indiens nous entourent, et nous bombardent de questions : nous revoilà l’attraction… et moi me retrouvant une fois de plus la seule et unique femme à se baigner, et en maillot de bain… bref finalement pas top relaxant. On préfère donc attaquer le vif du sujet « à savoir les vieilles pierres » comme dit Jean, et pour lesquelles il n’a pas une passion débordante, d’où ma rapidité à avoir saisir un élan de motivation la semaine dernière…
Fin d’après midi, nous ressortons, sous une lumière descendante mais une chaleur encore bien présente.
Nous découvrons le paysage, très différent de la campagne en périphérie de Bangalore bien que nous ne soyons pas si loin et toujours dans le Karnataka. Il y fait aussi ici beaucoup plus chaud et sec.
A perte de vue, des plaines cultivées (bananes, cannes à sucre, noix de coco et riz principalement) entrecoupées de collines et des énormes de bloc de granit de couleur rose orangée, déposés sûrement par les dieux car on se demande comment ils tiennent ainsi dans de si étonnantes positions. Et puis au détour des chemins, on commence à apercevoir de nombreux temples et vestiges de palais en pierre.
On grimpe une colline pour aller voir le temple de Malyavantha, d’où on devrait avoir une belle vue sur la vallée avec le soleil couchant (et nous ne serons pas déçus)
Plusieurs vestiges de ce qui fut un grand centre religieux, des singes, des chiens errants, des cailloux partout à escalader pour William,
Nous croisons le moine gardien du temple…
Cette première découverte nous enchante, et je suis ravie que Jean trouve aussi cela très beau ! du coup nous sommes plein d’énergie positive pour affronter la journée du lendemain qui s’annonce chaude et forcément fatigante (on craint un peu l’intérêt et la coopération de William sur ce genre de programme) vu l’énormité du site !
Je vous livrerais ci après les points qu’on a trouvé les plus intéressants, trouvés tour à tour dans la ville sacrée, et l’ancienne ville royale …
Début des visites le matin par un des plus grands temples, celui-ci encore en complète activité : Virupaksha
On passe par l’entrée caractéristique avec son gopuram , sorte de pyramide de 50 mètres de haut, toute sculptée de représentations divines
Le bassin pour les ablutions , entouré de mur peint en rouge et blanc
Nous n’échappons pas à la bénédiction et au salut typique des religieux.
En contrebas, la rivière ou un éléphant vient de prendre son bain, il est 9h30 sa journée de travail commence…
Mais c’est aussi là ou les femmes font la lessive et les enfants se baignent
La lessive sèche à même le sol, comme très souvent ici…
Revenus dans l’enceinte du temple , on retrouve l’éléphant cette fois justement en plein travail : les gens lui présente dans une main, une roupie qu’il attrape avec sa trompe, la passe à son Maître, et vient souffler sur la tête des fidèles en guise de bénédiction. William était aux premières loges pour lui donner en plus une banane, et il a reçu lui aussi son « coup de trompe » sur la tête.
A l’extérieur du temple, un autre site, dédié à Ganesh avec ses piliers, le « mandapa », autre caractéristique des constructions religieuses.
En regardant d’un peu plus prés, on voit que les piliers sont souvent sculptés de nombreuses figures mythologiques :
Ou comme ici les Yalis qui semblent soutenir les voûtes : ceux-ci par exemple photographiés au Krishna temple
Une autre figure emblématique du coin et maintes fois observée : Narasimha
Mi homme-mi lion c’est une incarnation de Vishnou, ici dans sa plus grande version monolithique
Un tout petit bout de l’ancienne rue du marché qui mesurait presque un kilomètre, ou s’installaient les échoppes au 15è siècle, donne une idée de l’importance de la cité
Le Lotus Mahal, magnifique construction, d’inspiration hindou et islamique, au milieu du quartier fermé de l’ancien Harem du roi.
Ici c’est le « garage » à éléphants des rois… ils en possédaient jusqu'à 800 et les préférés avaient le droit de s’abriter dans ces étables.
Le réservoir à eau avec au dessus , son canal d’arrivée d’eau en pierre. Ils avaient en fait pour l’époque un système d’irrigation très élaboré qui permettait de récolter et fournir suffisamment d’eau pour la population et les cultures sur une terre pourtant si aride.
Un des autres plus grands temples, le Vittal temple complex, est composé de plusieurs beaux monuments importants, en particulier ce chariot avec des roues en pierre qui dit-on pouvaient tourner (je n’ai pas vérifié !)
Les piliers musicaux de la salle de danse : lorsqu’on les frappe de la main, elles résonnent et créent une sorte de musique
Ce Monument est appelé la « balance du roi » car chaque année il y était pesé, l’équivalent de son poids était converti en pièces et pierres précieuses afin d’être redistribué aux pauvres
A la fin des visites de « pierre », on décide de se faire un petit tour sur la rivière dans cette embarcation typique , mais un peu sommaire, appelée « coracle »
Un Incontournable à mentionner, quand la chaleur sur les sites devient trop épuisante , et qu’il est bon de prévoir une pause déjeuner : le cadre idyllique et pour le moins étonnant du Mango Tree restaurant.
On traverse d’abord un petit village blotti au milieu des énormes blocs de granit,
derrière coule la rivière…., et au bout d’un petit chemin au milieu des bananiers, le fameux Manguier nous offre fraîcheur et ombre sous son énorme feuillage.
Halte bénéfique, même pour le porte monnaie, car on a du mal à trouver un plat à plus de 2 euros… !
Après cette belle journée bien remplie, nous sommes rentrés à l’hôtel, nous avons fait pique nique dans la chambre car William n’a pas été long à s’endormir !
Dimanche matin, petit tour au Hampi Bazar, mais pas grand intérêt quand on habite déjà en Inde, du coup on préfère retourner au Mango Tree, pour profiter une dernière fois de la magnifique vue sur la rivière , et manger une crêpe au Nutella (pas du tout indien ça !!)
Et puis c’est l’heure de reprendre la route de l’aéroport…
Je rends hommage aussi à la splendeur des arbres dits « flamboyants », en pleine fleur à cette saison, et qui teintent le paysage de taches rouges.
Dimanche après midi : Retour sain et sauf à Bangalore , et même encore parfaitement à l’heure, ce qui nous a semblé presque un exploit , en Inde, et de surcroît via Air Deccan qui n’a pourtant pas une super réputation…
En fait tout s’est bien passé, on a tous beaucoup apprécié ce week-end , même William y a trouvé son compte à force d’escalader et gambader, de faire des parties de cache-cache dans les monuments et les rochers, remixant sa version des « parapluies d’hampi », le tout surveillé par son papa, pendant que sa maman va prendre des photos de « je ne sais quoi »… (merci Jean…)
Voilà, comme on dit ici, chez les expats, quand on sent les fins de contrat approcher « bon… ça : c’est fait ! »… et on barre une nouvelle ligne des « things to do » pendant qu’on est dans ce coin de la planète…
Je vous ai déjà présenté le faire-part de mariage et les préparatifs, et nous y voila, le jour J était donc le 30 avril, date et heure scrupuleusement étudiées par les astrologues.
J’en ai déjà parlé aussi donc inutile de détailler à nouveau le fait que les rencontres des futurs époux et les modalités du mariage restent encore le plus souvent décidés et arrangés par les familles. Il est de « bon ton » d’unir des personnes d’une même caste…
Pour ce qui concerne ce mariage, nous n’avons pas osé par discrétion poser trop de questions la dessus, mais Jean connaissant suffisamment bien le marié, nous savons qu’il est d’une famille brahmine, qu’il est strict végétarien, et donc cela promet une cérémonie très religieuse, dans les règles de l’art (celle-ci peut différer cependant selon les régions de l’Inde dont sont issues les mariés)
Nous arrivons sur les lieux, comme toujours, il s’agit d’un « wedding hall », il y en a à tous les coins de rue ici et de toutes les tailles, c’est une sorte de salle polyvalente souvent dépourvue de charme . Une estrade a été aménagée par les prêtres afin de devenir l’espace sacré, on ne s’y approche que pieds nus, comme dans un temple. Les prêtres (car il en a plusieurs) s’affairent autour du futur époux assis par terre.
Je précise au passage que pour toutes les cérémonies familiales (mariage, équivalent des baptêmes, crémaillères etc.), le rôle des prêtres est majeur car ils sont les seuls à connaître les gestes, leurs symboles et les incantations nécessaires. On ne les croise pas forcément dans les temples, car ce sont des prêtres « spécialisés » qui ont étudié ces célébrations pendant plusieurs années avant d'officier.
Notre arrivée ne passe pas inaperçue… je ne sais pas si c’est mon appareil photo ou notre air un peu intimidé, toujours est-il que nous sommes conviés à nous approcher aux premières loges sur l’estrade. La famille nous saluent, ils semblent heureux, voire fiers, on comprend que notre présence est un peu comme une marque de bon augure pour cet évènement. Les femmes m’entourent, complimentent mon sari, se font prendre en photo avec moi, veulent me toucher amicalement le menton, pour ensuite s’embrasser le bout des doigts, je deviens une sorte de porte bonheur ambulant… et moi pendant ce temps, je me concentre pour ne pas me prendre les pieds dans mon sari (devenu un peu long avec les pieds nus !) car avec ce truc là j’ai l’impression que si je tire d’un coté je vais me retrouver nue comme un verre…
Tout d’un coup tout le monde s’agite…
8h49 précise : début des vraies festivités
arrivée de la futur mariée, recouverte d’un châle soyeux, guidée par la mère, on la place devant un drap blanc derrière lequel se « cache » son promis.
Je vous les présente d’un peu plus près :
Mahesh, souriant, avec même dans cette tenue un petit air de Maharadja…
Vidya, qui restera pendant presque toute la cérémonie les yeux baissés, avec cet air très concentré. Elle ne présente pas l’air épanoui qu’ont la plupart de nos mariées françaises n’est ce pas ? et il parait que c’est la mine habituelle des mariées indiennes… elle ira même jusqu’à verser quelques larmes et à ce moment là, je me suis vraiment demandée si c’était de la tristesse ou du bonheur. Je n’oserai me prononcer, mais curieusement encore une fois je ne me suis jamais posée ces questions dans les mariages occidentaux…ok, on a des records de divorces, mais sur le moment, je pense que les gens y croient et sont heureux !?
Les musiciens accélèrent le rythme, on baisse le drap et les futurs époux se « découvrent »…
Les mariés se joignent les mains et portent des noix de coco, au dessus le père du marié tient des pièces de monnaie, et la mère du marié y verse de l’eau bénite (symbolisant l’eau du Gange), ce rituel démontre que deux êtres souhaitent s’unir.
Au son des incantations du prêtre, on noue ensemble un pan de leurs deux vêtements
Les mariés, et les parents s’assoient par terre en tailleur. (imaginez vous tenir trois heures de cérémonie dans cette position…)
On entoure les mariés d’une ficelle tenue par les parents et les oncles très proches : symbole de l’importance du lien familial
Arrive ensuite un brahmane dont on saisit tout de suite l’importance, tous viennent se prosterner à ses pieds. Celui-ci a le droit à une chaise, et il va aussi bien sur bénir les mariés.
La série de rituels reprend son cours :
Les promis s’attachent mutuellement aux poignets des bracelets en cordelette. Notez que les mains de la mariée sont toujours joliment peintes au henné (le mendhi).
Le marié appose la poudre rouge, le tilak sur le front de son épouse en guise de respect et de bénédiction.
Ils échangent mutuellement des guirlandes de fleur autour de leur cou
Les prêtres versent ensuite du riz sur les mains des tourtereaux. On symbolise ici la fidélité.
Le marié noue autour du cou de la mariée le collier nuptial, le Thali, équivalent à notre échange d’alliance
Les femmes mettent les anneaux aux pieds de la mariée (seules les épouses ont le droit à cette décoration très prisée des indiennes et révélatrice de leur statut, par exemple une veuve devra tout de suite les enlever à jamais…)
Puis commencent les rituels autour du feu sacré
Les prières continuent, le prêtre et les époux tour à tour jettent dans le feu, du riz, de l’eau bénite, des feuilles de mangue…
les futurs mariés se lèvent et doivent tourner 7 fois autour du feu en invoquant les Dieux et demandant leur protection et bénédiction, pendant que le prêtre chante les mantras (prières).
Chaque tour a une signification dont j’ai cherché le sens (j’essaye de vous traduire, désolée si cela ne sonne pas suffisamment religieux).
1/ avec Dieu notre guide, nous vivrons dans l’honneur et le respect, marchons pour trouver la nourriture
2/ marchons pour grandir ensemble et avoir la force physique, mentale et spirituelle de vivre une vie heureuse
3/ partageons nos joies et nos peines dans l’espoir d’une vie prospère
4/ ayons confiance en l’amour partagé et n’oublions pas nos parents et nos anciens
5/ soyons charitables et prions pour tous les êtres vivants de l’univers et espérons
faire grandir la famille
6/ prions pour avoir une longue vie, paisible et joyeuse
7/ croyons en l’amitié, la compréhension, la loyauté, l’amour même au prix de
certains sacrifices
a l’issue de ces 7 tours, le futur époux annonce a sa promise « ces 7 marches nous ont rendues amis, méritons cette amitié, il ne faut point la rompre ».
Le prêtre « montre » le chemin, et guidé par la main du marié, l’épouse gravit les 7 marches, symbolisées par un dessin fait au sol par le prêtre avec du riz de deux couleurs.
Régulièrement, des cadeaux, présentés sur des plateaux d’argent par les femmes (elles ne doivent pas être veuves sinon ce serait impur…) sont offerts, après avoir été bénis par les prêtres : le plus souvent des saris, des bijoux en or, des enveloppes avec de l’argent, le tout décoré bien sur de noix de coco et de fleurs.
Les convives jettent des poignées de riz safrané sur les époux.
Tout du long de la cérémonie, le prêtre n’aura cessé de prier les dieux, et à leur présenter aussi des offrandes (riz, feuilles de mangue, lait, miel, safran, sucreries, fleurs, noix de coco…) pour attirer tous les bienfaits sur ce mariage (fécondité, longévité, douceur de vivre). Il indique aussi aux époux leurs responsabilités et devoirs.
Mis à part les proches (et nous…) qui suivons chaque étape de la cérémonie, il semble que dans le reste de la salle des gens vont et viennent, discutent, lisent le journal, patientent sur des chaises, et surtout vont manger !
En effet, il y a dans une autre salle le service du petit déjeuner :
régulièrement la famille nous y conviait mais je ne voulais pas rater la succession des rituels, nous avons donc attendu la fin de la cérémonie principale. Enfin après 3 heures non stop, nous y voilà alors on se laisse guider vers le « restaurant »….
En une seconde j’ai compris que ce serait une « Séance d’intégration totale » (Nani : tu aurais été fière de Jean…)
salle sommaire et sombre, tables et bancs en fer, aucune déco contrairement à chez nous où le repas de mariage est quasi la chose la plus importante.
Cuisiniers et « serveurs » déambulent torse nu en longi (le pagne local), mais malgré leur air « pas super classe pour des serveurs », ils sont en fait tous brahmanes et probablement attachés au service d’un temple ; ils ont le signe distinctif : ils portent une cordelette en travers du torse, et ont dessiné des traits de poudre sur la peau
On nous apporte une feuille de bananier (propre ?), sur laquelle à grands coups de louche sortant d’un saut en fer ils nous déposent riz (un aux légumes, l’autre sucré, le Pongal ) et sauce,
on nous sert des Puri (galettes gonflées juste sorties de l’huile bouillante), un verre d’eau (qui ne sort pas d’une bouteille d’eau minérale.. ), et du chai tea (thé au lait, très sucré à la cardamome)
et là ils sont tous attroupés autour de nous à nous regarder faire (et qu’est ce qu’on se sent maladroit quand il faut manger à la main et uniquement de la main droite). Et pas question de faire les chochottes, faut tout manger qu’on aime ou pas, on serait trop gêné… en plus toutes les deux minutes ils veulent re-remplir notre « assiette »… En rigolant, je dis à Jean « t’inquiètes, c’est forcément de la nourriture bénie par les dieux, on ne sera pas malade ! » (et on ne l’a pas été !)
pendant ce temps là, derrière nous, cela s’active « en cuisine », ça vous donne une idée :
avant de sortir, on ne peut échapper au « buffet des desserts » J :
dans cette grande gamelle, une sorte de riz très sucré avec des raisins et noix de cajou, dont il fait une boule compacte qu’il n’a bien sur pas omis de nous remettre… avec cela on tient jusqu’au soir : un vrai « étouffe-hindou » J
On revient dans la salle principale : les époux se sont assis, cette fois sur des chaises, ils font les séances photos familiales traditionnelles, reçoivent encore des cadeaux, et les félicitations des convives.
C’est là que nous avons pris congés, Jean devait retourner bosser. Evidemment ils ont insisté pour nous garder jusqu’au soir pour une autre « réception » équivalent à notre vin d’honneur (mais sans alcool bien sur !) partie en général pour les participants un peu moins proches mais qui souhaitent donner des cadeaux et féliciter les époux. Nous savons que nous avons vu le plus important.
C’était vraiment une unique expérience et nous étions très heureux de partager avec eux ce moment d’intimité, d’avoir été convié et accueilli avec tant de gentillesse. J’ai eu plaisir à voir aussi « enfin » la mariée souriante au moment où nous leur disions au revoir. Jean lui a dit de bien s’occuper de son Mahesh, et nous avons tous beaucoup ri quand du coup j’ai renchéri en précisant à Mahesh que lui aussi devait prendre bien soin de Vidya !
Nous leur souhaitons tout le bonheur possible !
C’est exactement un sujet que je voulais aborder un jour ou l’autre dans ce blog, je vous en ai livré quelques aspects du reste à l’occasion d’anciens articles. Dans le quotidien ici nous en parlons très souvent et entendons plein d’histoires vécues, qui confirment totalement ces dires. Cet article m’a paru du coup très complet et explicite, alors autant vous le transmettre tel quel.
Allez, pour ne pas trop faire la fainéante sur ce coup, je vais quand même illustrer par quelques photos qui elles au moins sont de mon cru, et allégeront un peu j'espère ce grave sujet
« Le 22 avril dernier, la presse internationale se faisait l’écho d’un miracle survenu au Bihar. Des chiens errants avaient sauvé une petite fille en la déterrant du sol dans lequel ses parents l’avaient abandonné et promise à une mort certaine. Saine et sauve, l’enfant a été confiée à une famille de fermiers locaux.
La mort de cette petite indienne ne viendra donc pas grossir les rangs des 100 millions de femmes déjà manquantes dans le monde. Un déséquilibre démographique sur lequel Amartya Sen, prix Nobel d’économie, avait déjà alerté l’opinion internationale au début des années 1990. Et c’est principalement en Chine et en Inde que l’on tuent le plus de petites filles, avant ou après leur naissance. Dans le sous-continent, le recensement de 2001 a montré dans toute sa crudité l’élimination systématique dont sont victimes les fillettes indiennes : près de 36 millions d’entre elles manqueraient à l’appel. A l’échelle mondiale on compte 105 garçons pour 100 filles à la naissance, car naturellement il naît plus de garçons. Par la suite, dans les cinq premières années de vie des enfants, le ratio s’inverse pour de multiples raisons et à terme, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Mais en Inde, il semble que le diktat de la société se soit substitué à la main de la nature.
Le foeticide, pratique courante et interdite
Si, traditionnellement les héritiers mâles ont toujours eu les faveurs de leur famille, notamment car ce sont eux qui assurent la transmission du patrimoine, cette tendance s’est accélérée au cours des dernières années. Selon l’Unicef, en 2001 on comptait 927 filles pour 1000 garçons alors que quarante ans auparavant, ce chiffre était de 972. Paradoxalement, c’est l’élévation du niveau de vie qui a entraîné un rejet croissant des filles. L’illustration la plus éclatante de cette tendance est le versement de la dot, pourtant interdit en 1961. Depuis la libéralisation de l’économie dans les années 1990, l’augmentation générale des revenus a entraîné un effet d’imitation vers la haute société indienne. Plus encore qu’auparavant, le mariage est l’occasion d’étaler sa richesse économique et partant, son prestige social -voire son élévation au sein de la société. Les cérémonies peuvent donc atteindre des sommes exorbitantes... à l’image du mariage de Vanisha Mittal -fille de Lakshmi- qui aurait coûté près de 55 millions d’euros ! Dans le sillage de ces milliardaires, l’ensemble de la classe moyenne - qui regroupe pourtant des situations économiques très disparates- veut pouvoir organiser ce genre de réceptions somptuaires, de pair avec une dot de plus en plus élevée. Car le versement de la dot par les parents de la mariée est une des raisons du rejet des filles. Paradoxalement, à mesure que le nombre de jeunes femmes disponibles sur le marché du mariage s’amoindrit, c’est le prix de l’époux -la dot- qui s’élève, accentuant d’autant la préférence pour les garçons.
L’enchérissement du coût du mariage pour les classes moyennes explique pourquoi l’élimination des filles est relativement moins courante dans les familles pauvres - sans pour autant qu’il en soit absent. En outre, le "dépistage" du sexe du bébé nécessite une échographie ou une amniocentèse, interdite par le Pre-natal Diagnostic Techniques Act de 1994. Ces interventions coûtent un certain prix mais, comparées à l’élévation du niveau de vie des 300 millions d’âmes formant la classe moyenne, elles se sont "démocratisées" - tout comme le foeticide des bébés féminins. En résumé, l’élimination des filles s’apparente à un triste "privilège de classe" puisque les familles urbaines éduquées et relativement aisées y ont largement recours. Les spécialistes évaluent d’ailleurs à plus de 500 000 le nombre de foetus féminins éliminés chaque année. Pis, un rapport de l’Unicef de 2006 souligne que 10 millions de petites Indiennes ont été éliminées, avant ou après leur naissance, au cours des vingt dernières années.
Avec la diffusion du progrès technique et le peu de scrupule des médecins pratiquant illégalement la sélection prénatale, ce fléau n’est pas près d’être endigué, bien au contraire. Et pour le moment, la législation punissant l’avortement sélectif et ceux qui le pratiquent n’a pas eu grand impact, pas plus que les campagnes de sensibilisation sur le manque de femmes.
Mais les disparités ne sont pas qu’économiques. La répartition géographique du manque de filles laisse apparaître un taux très élevé de foeticide dans la hindi belt (l’Inde du Nord hindiphone) par rapport au sud du pays. L’Haryana, Delhi, le Rajasthan ou l’Himachal Pradesh sont les Etats les plus marqués par la disparition des femmes avec, en tête de ce sombre classement, le Pendjab. Le magazine Himal rapporte ainsi qu’en 2001 on recensait 793 petites filles pendjabies pour 1000 garçons -contre 927 au niveau national. Pour tenter d’enrayer le phénomène, les autorités de cet Etat du nord-ouest promettent 100 000 roupies à quiconque dénoncera un cas d’avortement sélectif. Avantage à la ville, c’est également en zone urbaine que l’on élimine le plus des petites filles devenues indésirables.
Pénurie d’épouses
L’élimination croissante des petites Indiennes a pour
conséquence un déséquilibre croissant du marché du mariage sur lequel la demande de femmes dépasse largement l’offre disponible.
Dans certains villages du nord, on ne compte plus les foyers constitués exclusivement du père et de ses fils restés à la maison car n’ayant pas trouvé d’épouses. Sans parler de la multiplication des foyers pratiquant la polyandrie - le fait qu’une femme ait plusieurs maris - plus ou moins forcée. La surpopulation masculine entraîne également l’explosion du trafic des jeunes femmes afin de pallier au "manque". Ainsi, comme le rapporte Roma Shyamsundar, membre de l’ONG STOP, dans India Together, le trafic d’êtres humains est devenu plus lucratif que celui d’armes ou de drogues. De vastes réseaux se sont mis en place au sein desquels les adolescentes sont vendues par leurs parents ou directement enlevées près de chez elles. Revendues à des hommes aisés, les futures épouses arrivent généralement des campagnes du Bihar ou du Rajasthan, là où la pauvreté est très forte ; mais la porosité des frontières expliquent pourquoi on retrouve également beaucoup de Bangladaises et de Népalaises.
Malgré la dévotion quotidienne dont sont l’objet les
déesses Lakshmi, Kali ou Saraswati, leurs consœurs humaines ont encore du chemin à faire avant de se voir accorder une réelle reconnaissance. En Inde, la vie d’une femme n’a souvent que peu
d’intérêt.
Dans ce contexte, les autorités luttent pour faire évoluer les mentalités. En mars dernier la Ministre chargée du développement des femmes et des enfants, Renuka Chowdhury, a lancé un programme afin de lutter contre l’infanticide des bébés de sexe féminin. Pour les encourager à garder leurs filles, les familles reçoivent une aide financière. 5 000 dollars sont versés aux parents, répartis entre 400 dollars à la naissance et le reste étalé jusqu’à la majorité de la jeune fille, à condition que celle-ci ait été scolarisée et pas mariée. Si ce programme a de bonnes intentions, il s’est pourtant attiré une volée de critiques car il ne constitue qu’une incitation monétaire et non une politique structurelle globale s’attachant à faire changer le regard que la société indienne porte sur ses femmes. »

7 millions d'habitants, capital du Karnataka, inde du sud, langue Kannada
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