
Bonjour,
Nous voici Jean, William et Laetitia expatries à Bangalore, la silicon Valley de l'Inde !
Pour ceux qui ont suivi le début de nos aventures depuis Avril 2006 via ma newsletter, vous pourrez continuer grâce à ce blog!
vous trouverez ci contre les principales rubriques, certaines plus dédiées aux proches qui veulent savoir comment on vit ici et comment William évolue, comme celles intitulées William, Quotidien, Activités.
La rubrique culture et traditions évoqueles spécificités indiennes que l'on découvre et qui se mèlent à notre quotidien, et la rubrique tourisme vous donnera des informations sur nos escapades en dehors de Bangalore.
Bonne lecture , et n'hésitez pas à poster des commentaires!
Laetitia
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S’il y a des rencontres qui auront marqué mon séjour en Inde, c’est bien celle avec le docteur Jha ! il est temps que je lui dédie un petit article, et que je vous présente son logo pour le moins « fascinant » !
Depuis notre arrivée ici, finalement (je touche du bois et pourvu que cela dure) nous n’avons été que très peu malade, William un peu plus dans les débuts mais rien de plus que les mêmes aléas qu’on aurait sûrement eu en France… en revanche chaque fois que nous avons vu les médecins ici (pratiquant évidemment l’allopathie et formés à l’occidentale), nous sommes tous ressortis avec une bonne dose d’antibiotique (et pas des plus « raffinés », vous pouvez relire pour mémoire mon article du 17 mars 2007 « impressions médicales » http://expataucurryindien.over-blog.com/article-6048374.html).
Alors depuis, j’écoutais les bruits de « couloir » , les conseils par bouche à oreille marchant extrêmement bien ici, et un nom revenait : doc Jha, ce qui a attisé ma curiosité jusqu’à aller tester « ses bons soins »… et même d’y emmener certains de nos amis de passage comme Pierre Laurent et Olivier, qui se sont trouvés ici en « manque » de leur pharmacie habituelle et avec quelques douleurs... Je ne vous livrerai pas ici par discrétion, tous les détails de nos « bobos » mais je dois dire que nous avons chaque fois été « bluffés »…
il faut certes avoir l’esprit ouvert et être prêt à tenter une expérience plutôt pittoresque de premier abord :
15 minutes de chez nous, on quitte la route principale « airport road » pour s’enfoncer sur un chemin de terre de quelques centaines de mètres, d’un coté des cahutes, de l’autre des tas de poubelles qui fument, des enfants qui jouent avec des cailloux et des bâtons, des femmes qui font la lessive et la vaisselle à même le sol…
euh tout cela est un paysage absolument normal ici… au bout du chemin quelques maisonnettes en béton (mais récemment repeintes, ça met un peu de couleur à l’ensemble…) à toit de tôle (un des habitats les plus traditionnels, pour ceux qui ont « la chance » d’avoir un abri en dur comparé aux tentes mais qui ne peuvent encore se permettre de vraies maisons, villas, ou appartements dans immeubles récents…).
Devant une des portes ouvertes, à l’extérieur, souvent un tas de gens.. assis par terre ou sur un long banc en pierre ou sur des chaises en plastique qu’on attrape directement sur une pile à disposition : ça c’est la première salle d’attente !
un livre circule pour qu’on note son numéro d’arrivée.
Quand vient son tour, on se déchausse, et à l’intérieur, on rentre au moins par quatre, ça c’est la seconde salle d’attente d’environ 5 mètres carrés, mais c’est aussi la « salle de consultation » : ici pas de docteur derrière un beau bureau ni de lit pour s’allonger, les patients sont juste devant lui, chacun assis genou contre genou. L’auscultation commence, pendant que les 4 autres attendent patiemment, un mètre derrière, d’autres personnes souvent vont et viennent de la pièce attenante…
Cela dit, ce genre de consultation « en groupe » n’est pas rare en Inde, quelque soit le type de médecine en question, l’idée parait-il est que si on n’est pas capable de parler ouvertement de sa maladie c’est qu’on n’est pas encore prêt à la combattre… « food for thoughts »….
Pour vous planter le reste du décor :
dans un coin une petite table bancale avec un ordinateur , mais oui ! (et même que ce docteur répond aux emails…) ; une armoire pleine de bouquins et de photos, à portée de main du docteur des petits ustensiles : rouleaux pour masser, petits bâtonnets en bois ou métal appelés Jimmi (dont je comprendrais bientôt l’utilisation…), un pendule (je dis bien « un ») mais aussi une pendule qui elle donne l’heure, des boites avec des graines de toutes sortes, un tensiomètre, des posters et statuettes de dieux hindous, parfois un petit lézard court sur un mur, et une fois même c’est une souris qui est passée (pas de panique, un dieu ne doit pas être bien loin…)
Bienvenue chez un docteur « holistique » (holistic en anglais) ; voila bien un mot que j’ai découvert ici que cela soit en anglais ou en français. En gros cela signifie qu’on s’occupe d’un patient dans une globalité, par exemple on ne considère pas un organe qui révèle une maladie comme quelque chose à soigner isolement au niveau physique, mais on prend en compte la dimension énergétique du corps et l’aspect psycho émotionnel de l’individu ; on n’essaye pas forcément de faire disparaître un symptôme mais on cherche la source du problème et la raison du déséquilibre qui a conduit une maladie à apparaître… attention, ces praticiens ne dénigrent absolument pas la médecine allopathique mais cela s’avère être dans bien des cas une bonne pratique alternative ou du moins parfaitement complémentaire.
j’en conviens c’est un peu nébuleux mais plus concrètement il utilise principalement des techniques d’acupressure, de réflexologie, de médecine ayurvédique, de phytothérapie, d’auriculothérapie, de travail sur les énergies (reiki, ou Pranic healing je vous parlerai de celle-ci un autre jour plus en détail…)…
en tout cas une chose est sure, ce sont des pratiques ancestrales, issues de la médecine orientale (principalement chinoise) et beaucoup moins onéreuses, donc très utilisées dans des pays comme l’inde ou encore une grande majorité des gens n’ont pas les moyens de se payer des soins « occidentaux ». Pour vous donner une idée, chez ce docteur , pourtant vraiment réputé, on se fait soigner pour quelques roupies, si on n’a pas de moyens, ou au pire même au tarif le plus cher qu’il applique à ceux qui peuvent se le permettre (et même aux expats…) cela ne coûte que 1,5 euros !
Ici, pas non plus « d’horaires de cabinet » , les patients défilent de 7h le matin jusqu’à parfois 22 ou 23h… il habite avec sa femme et ses 3 enfants dans la pièce à coté qui fait office de cuisine, salle à manger, chambre à coucher… ce curieux personnage a une hygiène de vie stricte, et il s’est, dit-il, « programmé » à avoir moins besoin de sommeil, en revanche il lui ait indispensable de se lever à 4h du matin et de faire minimum deux heures à trois de yoga et méditation pour recharger ses bonnes énergies et pouvoir soigner.
Le plus souvent, pendant que le patient s’assoit, il lui attrape et palpe d’abord la main, le pouls, il écoute et regarde de ses petits yeux perçants et étonnement brillants, avec beaucoup d’attention et de compassion. A ce moment là on a quasi l’impression d’être passé aux rayons x et il commence à nous sortir des vérités « sur nous-mêmes »…Puis son travail sur les mains et les pieds se précisent et on peut dire qu’il sait instantanément appuyer sur le « point qui fait mal », c’est là qu’il faut traiter car chaque point correspond à un organe ou une partie du corps ou justement vous aviez un symptôme ou un dérèglement. Ce sont les techniques de réflexologie et de Sujok ou le corps humain correspond et est représenté dans son entier dans la main et dans le pied selon des diagrammes bien précis. Puis il ajoute d’autres types de traitement en fonction des besoins…
En tout cas, on repart généralement avec les mains ou les pieds comme cela… sur les points d’acupressure qui ont nécessité le traitement il scotche des graines naturelles (choisies pour leurs caractéristiques et bienfaits) ce qui permet à l’effet d’agir encore quelques heures… (c'est moi qui a colorié les points des graines pour mémoire)
C’est un résumé en fait très simpliste, et en bonne « occidentale » je suis restée longtemps très sceptique mais je reconnais qu’à force d’exemples, même sur moi-même, la logique de ces correspondances m’est apparue très saisissante.
Cela me conduit à vous parler de la seconde facette de ce docteur, et là c’est sur, vous allez en conclure que je suis « gouroutisée » ou que je fais partie d’une « secte »… je vous rassure j’ai encore toute ma tête et cela ne m’aura coûté que quelques roupies, juste pour la forme…
Il y a dans la culture indienne une philosophie très particulière quant à la médecine traditionnelle : celle du besoin de partager des connaissances. Dans bien des cas, ils estiment qu’il est important de transmettre à autrui des pratiques afin qu’au moins une personne par famille soit capable de soigner certains maux, sans avoir recours aux praticiens, ou cela permet d’expliquer certaines choses faites a priori par tradition, passées de générations en générations.
Eh bien j’ai justement pu suivre des « cours du docteur Jha » : Je ne serai jamais docteur mais c’est passionnant. J’ai vite réalisé que c’était un bon moyen de mieux comprendre justement certains aspects de la culture indienne, pourquoi font ils telle ou telle chose, pourquoi se lèvent ils si tôt, mangent ils tel genre de nourriture à telle période, dans tel cas de figure, pourquoi les femmes mettent elles un anneau autour d’un des doigt de pieds, qu’est ce que la théorie des 5 éléments, l’horloge biologique, etc… tout ceci prenait soudain un sens et une logique. Il nous fait aussi une présentation générale de ces différentes médecines traditionnelles et petit à petit nous livre quelques techniques qui, avec de la persévérance bien sûr, pourraient nous permettre de soulager certains maux classiques sans faire appel à des médicaments chimiques. L’acupressure et la réflexologie sont les plus fascinantes, c’est ainsi que je commence à découvrir, voire à utiliser certains petits outils comme le jimmi dont je parlais plus haut.
Selon le docteur Jha, l’étape suivante à ces cours théoriques, c’est maintenant de venir « pratiquer » , profiter d’avoir un tas de patients qui attendent pour oser leur prendre la main et tenter de mettre en relation ces connaissances avec les effets qu’ils ressentent. C’est pour moi un grand pas à faire je l’avoue mais j’ai déjà bravé mes appréhensions quelques fois et c’est très enrichissant. Beaucoup de ces patients indiens sont issus d’un milieu social très bas, parlent pas ou à peine anglais (enfin j’ai au moins appris à dire douleur en hindi !), alors voir une « visage pâle » leur prendre la main c’est déjà bien surprenant pour eux, et presque « un pas vers la guérison » J J
C’est aussi dans ce cadre et cette suite logique, que j’ai décidé de faire le stage de massage shiatsu dont je vous ai parlé récemment, puisque cette technique s’appuie aussi sur l’acupressure, et le travail sur les méridiens.
Malheureusement notre temps restant en Inde ne me suffira sûrement pas pour approfondir suffisamment pour « soigner » et pour gagner de la confiance mais cela reste en tout cas un beau souvenir à ramener en France. Je tacherai au moins d’en savoir assez pour remédier aux petits maux diverses et habituels de tête, de ventre, de dos… J

7 millions d'habitants, capital du Karnataka, inde du sud, langue Kannada
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