Hampi, avec ces 400 temples sur 25 km2 de paysage magnifique, fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco, c’est un joyau historique et architectural. Le site a connu son apogée entre le 14è et le 16è siècle, dont datent donc la plupart des constructions. C’était la capital de l’Empire de la Dynastie des Vijayanagar, dit des « rois bâtisseurs » qui ont étendu leur pouvoir sur tout le sud de l’Inde. Mais en 1565, d’horribles batailles font rage et les sultans musulmans détrônent le roi hindou. La cité est détruite, abandonnée et elle sombre dans l’oubli le plus total. En 1800, un anglais mentionne la présence de quelques vestiges, mais il faudra attendre les années 1970 pour que de vraies fouilles archéologiques refassent surgir la véritable importance de ce site.
Il est en revanche situé assez loin des plus grands circuits et pôles touristiques (pour ne pas dire « au milieu de nulle part ») du coup plutôt méconnu des touristes, surtout étrangers. Par contre, il n’est qu’à 350 kms de Bangalore, ce qui en fait une des destinations de week-end favorites quand on habite ici. Depuis déjà deux ans ici, il était temps qu’on se décide à y aller….
Pour cela plusieurs options :
8 heures de voiture, sur des routes peu engageantes et pas question d’y circuler de nuit…
12 heures de train de nuit, certes c’est pittoresque pour ceux qui n’ont jamais testé en Inde…
ou une heure de vol « à hélices » de Bangalore à Bellary, grâce à une ligne récemment ré ouverte, sur Air Deccan
Nous avons choisi la version courte, pour profiter du week-end férié (ici aussi) du 1er mai.…
Arrivée donc en avion sur le minuscule aéroport, flambant neuf, de Bellary. Je n’ai jamais vu un endroit aussi propre en Inde, y compris des superbes toilettes ! jamais vu non plus une logistique aussi rapide : c’est simple, on descend sur le tarmac et on y récupère directement notre valise dans l’unique chariot qu’ils sont en train de décharger de l’avion… On montre notre étiquette bagage à une hôtesse, et quelques mètres plus loin, nous voila sur le « parking » de l’aéroport.
Une petite heure de route, et nous nous installons à l’hotel Malligi à Hospet (www.malligihotels.com), à 20 minutes en voiture des vestiges de Hampi : pour d’éventuels lecteurs futurs visiteurs : pas vraiment de charme mémorable mais tout à fait correct et propre, recommandé par la plupart des expats, donc choix pas très original…
Courte pause à la piscine pour se rafraîchir : on s’aperçoit que la piscine « de l’hôtel » est en fait ouverte aux non-résidents et du coup noir de monde… en deux minutes, ça y est… une bande de jeunes ados indiens nous entourent, et nous bombardent de questions : nous revoilà l’attraction… et moi me retrouvant une fois de plus la seule et unique femme à se baigner, et en maillot de bain… bref finalement pas top relaxant. On préfère donc attaquer le vif du sujet « à savoir les vieilles pierres » comme dit Jean, et pour lesquelles il n’a pas une passion débordante, d’où ma rapidité à avoir saisir un élan de motivation la semaine dernière…
Fin d’après midi, nous ressortons, sous une lumière descendante mais une chaleur encore bien présente.
Nous découvrons le paysage, très différent de la campagne en périphérie de Bangalore bien que nous ne soyons pas si loin et toujours dans le Karnataka. Il y fait aussi ici beaucoup plus chaud et sec.
A perte de vue, des plaines cultivées (bananes, cannes à sucre, noix de coco et riz principalement) entrecoupées de collines et des énormes de bloc de granit de couleur rose orangée, déposés sûrement par les dieux car on se demande comment ils tiennent ainsi dans de si étonnantes positions. Et puis au détour des chemins, on commence à apercevoir de nombreux temples et vestiges de palais en pierre.
On grimpe une colline pour aller voir le temple de Malyavantha, d’où on devrait avoir une belle vue sur la vallée avec le soleil couchant (et nous ne serons pas déçus)
Plusieurs vestiges de ce qui fut un grand centre religieux, des singes, des chiens errants, des cailloux partout à escalader pour William,
Nous croisons le moine gardien du temple…
Cette première découverte nous enchante, et je suis ravie que Jean trouve aussi cela très beau ! du coup nous sommes plein d’énergie positive pour affronter la journée du lendemain qui s’annonce chaude et forcément fatigante (on craint un peu l’intérêt et la coopération de William sur ce genre de programme) vu l’énormité du site !
Je vous livrerais ci après les points qu’on a trouvé les plus intéressants, trouvés tour à tour dans la ville sacrée, et l’ancienne ville royale …
Début des visites le matin par un des plus grands temples, celui-ci encore en complète activité : Virupaksha
On passe par l’entrée caractéristique avec son gopuram , sorte de pyramide de 50 mètres de haut, toute sculptée de représentations divines
Le bassin pour les ablutions , entouré de mur peint en rouge et blanc
Nous n’échappons pas à la bénédiction et au salut typique des religieux.
En contrebas, la rivière ou un éléphant vient de prendre son bain, il est 9h30 sa journée de travail commence…
Mais c’est aussi là ou les femmes font la lessive et les enfants se baignent
La lessive sèche à même le sol, comme très souvent ici…
Revenus dans l’enceinte du temple , on retrouve l’éléphant cette fois justement en plein travail : les gens lui présente dans une main, une roupie qu’il attrape avec sa trompe, la passe à son Maître, et vient souffler sur la tête des fidèles en guise de bénédiction. William était aux premières loges pour lui donner en plus une banane, et il a reçu lui aussi son « coup de trompe » sur la tête.
A l’extérieur du temple, un autre site, dédié à Ganesh avec ses piliers, le « mandapa », autre caractéristique des constructions religieuses.
En regardant d’un peu plus prés, on voit que les piliers sont souvent sculptés de nombreuses figures mythologiques :
Ou comme ici les Yalis qui semblent soutenir les voûtes : ceux-ci par exemple photographiés au Krishna temple
Une autre figure emblématique du coin et maintes fois observée : Narasimha
Mi homme-mi lion c’est une incarnation de Vishnou, ici dans sa plus grande version monolithique
Un tout petit bout de l’ancienne rue du marché qui mesurait presque un kilomètre, ou s’installaient les échoppes au 15è siècle, donne une idée de l’importance de la cité
Le Lotus Mahal, magnifique construction, d’inspiration hindou et islamique, au milieu du quartier fermé de l’ancien Harem du roi.
Ici c’est le « garage » à éléphants des rois… ils en possédaient jusqu'à 800 et les préférés avaient le droit de s’abriter dans ces étables.
Le réservoir à eau avec au dessus , son canal d’arrivée d’eau en pierre. Ils avaient en fait pour l’époque un système d’irrigation très élaboré qui permettait de récolter et fournir suffisamment d’eau pour la population et les cultures sur une terre pourtant si aride.
Un des autres plus grands temples, le Vittal temple complex, est composé de plusieurs beaux monuments importants, en particulier ce chariot avec des roues en pierre qui dit-on pouvaient tourner (je n’ai pas vérifié !)
Les piliers musicaux de la salle de danse : lorsqu’on les frappe de la main, elles résonnent et créent une sorte de musique
Ce Monument est appelé la « balance du roi » car chaque année il y était pesé, l’équivalent de son poids était converti en pièces et pierres précieuses afin d’être redistribué aux pauvres
A la fin des visites de « pierre », on décide de se faire un petit tour sur la rivière dans cette embarcation typique , mais un peu sommaire, appelée « coracle »
Un Incontournable à mentionner, quand la chaleur sur les sites devient trop épuisante , et qu’il est bon de prévoir une pause déjeuner : le cadre idyllique et pour le moins étonnant du Mango Tree restaurant.
On traverse d’abord un petit village blotti au milieu des énormes blocs de granit,
derrière coule la rivière…., et au bout d’un petit chemin au milieu des bananiers, le fameux Manguier nous offre fraîcheur et ombre sous son énorme feuillage.
Halte bénéfique, même pour le porte monnaie, car on a du mal à trouver un plat à plus de 2 euros… !
Après cette belle journée bien remplie, nous sommes rentrés à l’hôtel, nous avons fait pique nique dans la chambre car William n’a pas été long à s’endormir !
Dimanche matin, petit tour au Hampi Bazar, mais pas grand intérêt quand on habite déjà en Inde, du coup on préfère retourner au Mango Tree, pour profiter une dernière fois de la magnifique vue sur la rivière , et manger une crêpe au Nutella (pas du tout indien ça !!)
Et puis c’est l’heure de reprendre la route de l’aéroport…
Je rends hommage aussi à la splendeur des arbres dits « flamboyants », en pleine fleur à cette saison, et qui teintent le paysage de taches rouges.
Dimanche après midi : Retour sain et sauf à Bangalore , et même encore parfaitement à l’heure, ce qui nous a semblé presque un exploit , en Inde, et de surcroît via Air Deccan qui n’a pourtant pas une super réputation…
En fait tout s’est bien passé, on a tous beaucoup apprécié ce week-end , même William y a trouvé son compte à force d’escalader et gambader, de faire des parties de cache-cache dans les monuments et les rochers, remixant sa version des « parapluies d’hampi », le tout surveillé par son papa, pendant que sa maman va prendre des photos de « je ne sais quoi »… (merci Jean…)
Voilà, comme on dit ici, chez les expats, quand on sent les fins de contrat approcher « bon… ça : c’est fait ! »… et on barre une nouvelle ligne des « things to do » pendant qu’on est dans ce coin de la planète…

reflet des palmiers dans l’eau, cris d’oiseaux, poissons
volants,
salut aux
pêcheurs que l’on croise sur leur petite barque, et aux familles qui vivent sur les berges et qui semblent n’être jamais lassées de nous faire des signes et nous crier « hello et bye
bye » (ce que William est aussi ravi de pouvoir répéter à tue-tête…),
coucher de soleil, lever de soleil, musique de fond tantôt classique
tantôt « transe Goannaise », belotte nocturne et arrosée pour certains…
Le cuisinier s’active au fond du bateau et il nous aura en effet
préparé un délicieux déjeuner et dîner. Deux autres jeunes commis complètent l’équipe en fonction des besoins mais sont surtout ravis de tenir compagnie à William quand il regarde ses dessins
animés sur l’Archos (dit sa « petite télé », merci encore à Pierre Laurent de nous avoir fait découvrir ce petit outil de technologie si utile pour les voyages en
particulier… !).
Ces équipes récupèrent du sable au fond de la rivière qui sera ensuite vendu pour les constructions
locales. Aucune machine, c’est un travail de titan et très physique pour récolter quelques kilos de sable à chaque fois, opération qui se répète des centaines de fois à longueur d’heures sous un
soleil torride et une chaleur moite. Certains gars gratouillent le fond de la rivière à l’aide de très longues perches de bambou afin de rendre le sable plus malléable. Un autre, d’un bout du
bateau, enfonce une de ses perches au bout de laquelle est attachée un simple seau. Une fois qu’il est couché au fond, un autre gars lui à l’autre bout du bateau et à l’aide d’une corde, fait
glisser le seau au fond de l’eau en espérant qu’il se remplisse bien de sable, et enfin « oh hisse » il le soulève de l’eau et un collègue est chargé de le faire basculer et le vider
dans le bateau. Un autre accroupi au fond de la cale aplati et tri l’ensemble de la cargaison pendant qu’un autre écope l’eau en trop à coups d’écuelles…. Et ainsi de suite, chacun son tour, et
ce sûrement depuis des générations…



des commentaires?????? merci et a bientot sur nos ondes
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