Goa, sur la cote ouest de l’Inde, a 550 kms de Bangalore, soit une heure d’avion (ou 16h de train J ) est quasiment l’endroit le plus proche, du moins attrayant pour nous quand on a envie de retrouver les plaisirs de la mer et du sable. Cette envie nous prenant regulierement, nous y sommes donc alles deux fois dans le courant de l’annee.
Jusqu’a ce que je vienne en Inde, je croyais que Goa etait seulement une ville balneaire historiquement frequentee par les hippies (voire cames). J’ai en fait decouvert que Goa etait un des plus petits territoires de l’inde (une centaine de kilometres de cotes), dont la capitale etait « Old-Goa » qui paradoxalement, elle, n’est pas situee au bord de mer. La region de Goa avait ete decouverte par les portugais en 1510 et colonisee pour devenir un des plus importants comptoirs et port de commerce apportant a Lisbonne toutes les richesses et tresors de l’Asie ! ce n’est qu’en 1961, apres 450 annees de domination portugaise (qui auront forcemment laisse des traces indeniables...) que le territoire a ete rattache a l’inde (elle meme independante et delivree des anglais depuis 1947).
Depuis, Goa, en tout cas, a bien ete et reste encore le fief des hippies depuis les annees 60, meme si ceux ci (pour les vrais de vrais) se refugient de nos jours, un peu plus a l’interieur des terres, fuyant les hordes de touristes de masse. On en croise encore enormement, au look si specifique, des jeunes et des moins jeunes, bras tatoues et grilles par le soleil, longs cheveux au vent, chevauchant leur Royal Entfield, la moto indispensable a la panoplie locale (et au son reconnaissable entre toutes...).
Personnellement a Goa je n’ai plus reellement l’impression d’etre en Inde... c’est peut etre pourquoi on y trouve un charme « exotique » qui nous depayse bien de Bangalore (et constitue un bon break merite pour Jean). Parfois je me serais meme crue plutot dans une ile des caraibes... pour peu qu’un des bars de plage passe de la salsa ou du reggae, l’effet etait encore plus surprenant ; le tout toujours melange avec un zeste de Portugal bien evidemment !
C’est surement parce qu’on y retrouve... :
- une vegetation tropicale dans le style de celle des « iles » jungle envahissante a certains endroits, ou cocotiers, palmiers, cannes a sucre et rizieres a perte de vue ;
- des plages entre certaines « organisees et bondees » et d’autres encore tres sauvages ;
- une mer qui surtout en debut et fin de saison peut devenir houleuse et grise et fait penser a l’ocean atlantique (qu’on soit cote caraibe face aux vents ou cote portugal) mise a part pour sa temperature incroyablement chaude...
- des petites maisons aux peintures colorees ; des grandes batisses coloniales avec colonnades et patio (mais souvent delabrees et accueillant maintenant des dizaines de familles) ;
- des decorations de mosaiques , souvent ils reutilisent sur un meme espace « au hasard » des tessons casses provenant de faiences de toutes sortes et de toutes couleurs, l’effet est tres gai (il faudra que je demande a mes copines mordues de mosaiques si cette technique porte un nom... ?) ;
- des femmes qui ne portent pas forcemment le sari mais des sortes de tailleurs, et meme petit chapeau, qui evoquent pour moi plutot « la Mama Caraibe... ou portugaise... » a la voix tonitruante et qui s’endimanchent (ainsi que toute la famille) pour aller a la messe ;
- au type physique des hommes, different des indiens du sud de l’inde, plus grand, plus clair de peau, aux cheveux plus raides et dont le sang des ascendants souvent portuguais a visiblement laisse des traces... (pour l’histoire « coloniale » je rajoute au passage que depuis le 16eme siecle les mariages mixtes indiens-portugais etaient frequents et nettement encourages par les dirigeants car disait on c’etait le meilleur moyen de garantir une integration durable) ;
- la ferveur chretienne et les nombreuses eglises qui semblent cohabiter harmonieusement avec les temples et voisins hindous (encore environ 30% de la population est catholique, taux record pour l’Inde) ;
- la presence des hippies dont j’ai parle plus haut ; mais aussi maintenant celle des fans de technos et de rave party qui y ont invente un courant musical : la transe dite goannaise ;
etc...
C’etait donc mes impressions generales et personnelles, maintenant concretement voici quelques informations et souvenirs plus « touristiques ». Finalement en assez peu de temps nous avons vu pas mal de choses tout en ayant l’impression de vivre au rythme nonchalant des goannais. Je pense que je dois cela surtout a Nani (personnage episodique de nos aventures en Inde, certains auront deja reconnu Danielle) qui apres nous avoir accompagnes lors de notre arrivee a Bangalore l’annee derniere a ete piquee par je ne sais quelle mouche ou dieu indien et a decide de passer toute la saison a Goa cette annee (et les suivantes... ?!....). Bref je la remercie au passage pour ses precieux conseils et sa compagnie sur place.
On ne peut pas dire qu on venait pour faire des visites culturelles donc on s’est tout de suite mis aux « couleurs locales » : les plages offrant des paysages et atmospheres varies, les marches et les marches a pied (n’ayant pas les accents, j’espere que vous m’aurez compris J), les restaurants, et regarder les gens et la vie locale, voici ce qui resume nos journees.
Je me permets de lister quelques noms associes le cas echeant a quelques anecdotes.. bon, j’avoue, le blog me sert de « carnet de route» pour plus tard, ou peut servir a des eventuels futurs visiteurs qui me posent des questions, et pour les autres, je ne vous en voudrais pas si vous zappez quand vous en avez marre J
(enfin ne ratez pas l’anecdote de Mandrem pour ne pas oublier qu’on est en Inde J)
A noter pour les inities : tout se situe au nord de Old Goa (nous ne connaissons pas encore le sud...parait il moins attrayant)
Donc pour les plages (et pauses restau en journee), je retiendrais :
- Baga/Calangute (on ne sait jamais ou commence l’une et finit l’autre...) : longue plage tres "amenagee " donc ideale si on veut etre sur de trouver transat, parasol, sports nautiques, resto et bar ; en revanche des vendeurs ambulants passent toutes les 5 mn... je trouve cela un peu saoulant.
On a apprecie la pause en mezzanine a Pyramid Shack pour sa brise bienfaisante, et les bonnes bouffes (midi ou soir) les pieds dans le sable a Britto’s.
Au bout de Baga beach, la plage se termine sur la riviere et on peut voir les pecheurs s’affairer.
- Anjuna beach : nettement plus tranquille car moins amenagee mais avec encore la possibilite de se poster a l’ombre dans quelques restaurants-paillottes les pieds dans le sable (ici on appelle cela des Shack). en allant a gauche du flea market, nous avons apprecie le « Happy Hours », strategique pour se baigner devant car moins de vagues en raison d’une barre de rochers au loin, William a joue avec la petite fille du serveur et a meme fait une sieste sur un grand transat juste derriere notre table, sous le OM divin protecteur...
- Morjim beach : desertique sur des kilometres de sable...et quelques rochers pour que William cherche des crabes sous l’oeil amuse d’une fillette locale surgit de nulle part. On peut y loger dans des « pirates Hut », spartiates, mais tres « tendance » de nos jours....
- plage de Arambol : m’a semble un peu plus "hippies" et branchouille, bref on retrouve les decibels tonitruants, une foule de petites echoppes, des t-shirts imprimes de feuilles de canabis, des quantites d’affiches pour des cours de yoga, de meditation, de rave party, d’astrologues et autres « illuminations » ; les pecheurs, les vaches et les chiens se balladent sur la plage mais il y a largement assez de place pour tout ce joli monde. en revanche facile pour se baigner car la descente dans l’eau se fait en pente plus douce, et le coucher de soleil sur les rochers au loin est flatteur J
- Mandrem : une plage immense ou debouche une riviere, un calme olympien meme pas trouble par quelques « curiosites » : le village surnomme Little Danemark (je crois a cause du nombre de residents danois...mais pas sure... !), au bout on a regagne la mer via Mandrem Resort niche dans un jardin luxuriant, seulement frequente par les ferus de meditation, de yoga, d’ayurvedic et de bouffe vegetarienne,
et de l’autre cote continuation de la plage ou on trouve le village vacances appele "the dunes" : uniquement fait de huttes en branches de cocotiers sechees, que l’on a pu traverser pour aller se refugier a l’ombre sous le restaurant-paillotte, agreablement aere par la brise marine, le tout surplombant la riviere, traversee par un pont a la indiana Jones, peniblement emprunte par un serveur ecrase de chaleur qui fait la liaison avec d’autres paillottes cette fois au bord de l’eau.
la il faut que je vous raconte une anecdote :
Pendant le repas je remarquais particulierement un jeune homme juste vetu d’un pajeo, seul a une table. Il a fait une longue priere (ceci est tout a fait respectable) chuchotant la main sur le coeur et les yeux fermes , avant d’avaler a petites bouchees un bol de soupe. Ensuite il a sorti un nounours en peluche jaune, qu’il a tenu sur son torse et est reste encore un bon moment, placide, a table. Juste interrompu quelques minutes par William, qui evidemment avait repere le nounours et voulait montrer a cet inconnu lui aussi doudou...visuellement les presentations se sont faites, je ne sais ce qu’ils se sont encore racontes, je n’osai meme pas intervenir trouvant cela etrange... Je n’avais encore rien dit a Jean et Danielle qui eux lui tournaient le dos, me demandant quand meme jusqu’a quel age William exhiberait son doudou... Puis l’homme quitte le restaurant, son nounours toujours dans les bras. Machinalement je le suis du regard, et la tout a coup, je m’apercois qu’il y a des dizaines de gens seuls, deambulants, l’air un peu hagard, et tous avec un nounours identique mais de couleurs differentes... La j’ai mis mes convives dans la confidence, nous etions hallucines, ils en surgissaient de tous les cotes, tous convergeants vers ce qu’on a imagine etre le lieu de meditation...Nous venions de decouvrir la quatrieme dimension et ce que j’ai surnomme sur le champs « La secte du gourou des doudous » ... La on a difficilement retenu un fou rire...
Par discretion je ne vais pas reveler ici le nom exact mais si vous souhaitez suivre ce « courant » je peux vous donner separemment le site web... J On croit aller simplement a la plage mais ici on n’est jamais au bout de ses surprises... cela me rappelle un livre intitule « les fous de l’Inde » qui justement se passe a Goa, et que je crois, on ne peut rellement digerer que si on commence a mieux connaitre ce pays si etrange....
- Je continue ma tournee des plages par un dernier site qui nous a aussi revele des surprises, d’un autre genre... et la, hi hi hi, j’ai promis de ne pas dire le nom... cela se merite...en cherchant un peu... on peut trouver un coquillage (en fait c’est juste l’opercule rejete par les marees) que je trouve tres beau appele en Asie « oeil de Shiva » ou « oeil de Sainte Lucie » en Corse .
Deja meme, avant d’en connaitre une des provenances, il me fascinait et Jean m’en avait offert une parure de bijoux a mon dernier anniversaire...Il s’amuse d’ailleurs a raconter qu’il avait paye cela « une petite fortune » a Bangalore car c’etait rare, et il etait degoute de voir qu’ a Goa cela courait les rues pour une poignee de figues J. Toujours est-il que ce coquillage est considere comme un porte bonheur. Je vais vous epargner les differentes legendes qui en expliquent le nom car vous allez vraiment finir par trouver tout cela trop long... en tout cas, je me suis amusee comme une petite folle, avec un masque, a me faire balotter par les vagues et a donner fierement ma recolte a William et Jean qui pendant ce temps barbotaient a la surface.
Autre activite incontournable : les marches :
- toutes les rues du secteur Baga Calangute sont deja quasiment un marche, des boutiques en dur bien sur, mais chaque autre centimetre est occupe par une echoppe montee pour la saison, a ciel ouvert, avec quelques bambous et tissus suspendus. Ne soyiez pas surpris de les voir asperger d’eau leurs boutiques en fin de journee... C’est pour nettoyer les mauvaises energies et inviter a entrer la deesse de la fortune Lakschmi !
- Anjuna flea market (le mercredi) : surtout artisanat, souvenirs, bijoux,
fringues etc
- Mapusa market (le vend matin) fruits, legumes, poissons, fleurs, ustensiles, epices etc : tres pittoresque, et en plus de l’artisanat
- ingo saturday night basar a Arpora : c’est un allemand, marie a une indienne, resident a Goa depuis des dizaines d’annees qui a invente le concept de ce style de marches : tous les vendeurs et echoppes de Goa semblent se retrouver la, tous artisanats ou creations y sont bienvenus, indiens, asiatiques, europeens, tibetins, americains, Lamani (tribu nomade en inde reconnaissable par leur costume tres colore et charge d’argent)
... il y en a pour tous les gouts, dans tous les genres, (negociation obligatoire...) a perte de vue... ambiance assuree et bain de foule avec en plus du shopping, des concerts rock jusqu’au bout de la nuit, des bars , des snacks installes la juste pour l’occasion.
On y trouve meme des specialites de tous les pays fait "maison" par les residents etrangers qui viennent y arrondir leurs fins de mois... on a deguste des super bonnes quiches et desserts de "la vie en rose" tenue par Michelle une copine de ma copine Danielle...
transition toute trouvee pour parler maintenant de quelques « points » culinaires:
connaissant la pietre chaine du froid en Inde, et l’eloignement des cotes, on n’a peu envie de manger du poisson a Bangalore pour ce qui nous concerne (surtout moi qui ait quasiment toujours habite au bord de la mer...), bref la bas on a fait une cure de poissons, calemars, crabes etc .... je ne sais donc pas trop ce que sont les autres specialites locales J .
En revanche mefions nous des appelations locales « a la francaise » usurpees : une fois dans un restau – pas du tout francais – on a choisi sur la carte (tout content) a vegetable Quiche : on s’est vu arriver un bol de legumes cuits dans une sauce verte epicee, accompagne d’un bol de riz blanc...Le serveur n'a toujours pas compris nos explications ni pourquoi on faisait la tronche...
pour les boissons, on a decouvert le feni , un alcool blanc fait a partir de noix de cajou, (moi je n’ai pas aime), de l’excellent porto (comme des idiots on a oublie d’en rapporter...). la bas l’alcool est moins « bani » qu’a Bangalore et les bars ne ferment pas a 23h30...le gout des cocktails s’en ressent aussi J en revanche...Mais notre trio gagnant pour ce climat est definitevement biere Kingfisher, eau gazeuse et citron frais !
pour diner, je citerai nos « preferes » du moment :
- en tete pour la qualite des produits, l’originalite, le service et le decor : le "restaurant francais" limite Baga-Calangute.. ( tenu par les memes proprios fort sympathiques, et meme carte que le restaurant « La Plage » a Morjim beach). Sans vouloir etre chauvin, apres un an en Inde, c’est un must J
- la casa portuguesa avec un superbe chanteur-guitariste portugais de Fado, nourriture portugaise comme son nom l'indique, et cela donne une bonne idee de l’architecture des vraies belles maisons goannaises.
- East meets West : superbe decor a l exterieur, barbecue, orchestre, danse...c’est la soiree « under the stars » par exemple
Bon j’ai quand meme l’impression d’avoir une certaine deformation professionnelle... allez j’arrete la pour la pub gratuite en plus !
A toutes fins utiles, une derniere chose, je precise que la « bonne » saison a Goa est de novembre a Paques meme si on sait que la meteo n'est pas une science exacte cela vous donne une tendance... (le pic etant autour de noel et nouvel an ou les prix sont delirants). A partir de Mai la chaleur et moiteur deviennent difficilement supportables et la mousson peut etre tres marquee s’echelonnant courant juin a juillet et aout... Les activites qui tiennent surtout par l’animation autour des plages, des restaurants, des marches et des echoppes deviennent quasiment inexistantes, et tout semble laisse a l’abandon...meme les residents (indiens ou etrangers) desertent souvent les lieux avec en poche les gains de la saison touristique ! ceux qui restent sont saisis d’une extreme torpeur... Ensuite il faut des semaines pour reconstruire, nettoyer, repeintre, remettre en etat tout ce que les pluies diluviennes ont detruit et la frenesie repart de plus belle. Pour avoir ete sur place cette annee a la quasi fermeture de la saison, il semblait que tous se disaient « ce n’est qu’un au revoir Goa »... qui sait ?
Plus de photos disponibles sur un site hors blog... je vous envoie avec plaisir le lien sur demande...
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