merci de votre visite
En ce moment, nous rencontrons ou correspondons avec pas mal de futurs familles expats qui devraient arriver à Bangalore dans les prochains mois et qui forcément se posent la tonne de questions habituelles… Après deux ans « d’expérience » on fait presque figure de « vieux expats » alors on a évidemment quelques tuyaux qu’on est content de partager.
Une des questions principales, pour les français, c’est entre autres : le pain, le fromage, la charcuterie, le vin ? … à croire qu’on ne peut pas vivre sans… J bref des trucs à la base, pas du tout indiens et que pour la plupart d’entre nous demandions de rapporter à tous nos visiteurs de France J
Le week-end dernier, je disais à un couple en rigolant… « qu’on avait presque plus aucun « mérite » de vivre ici J et que les choses étaient de plus en plus facilitées, qu’on trouvait de plus en plus de tout » … (certes parfois en cherchant un peu, et en payant bien plus cher que la moyenne des produits locaux…). La lecture d’une nouvelle publicité hier que j’ai justement transmise aux futurs Bangaloriens, me donne même envie de faire cette petite parenthèse sur le blog, histoire de garder une trace de cette évolution… cette fois c’est un couple de français qui ont réussi à créer une société « La Fromagerie » , et ils proposent maintenant un tas de fromages d’importation évidemment (le fromage n’existait pas ici, à part le style cheddar sous plastique, et il fallait faire beaucoup de chemin pour en trouver un peu il y a deux ans…)… Peu de temps avant, nous avions la française qui fait de la baguette et des viennoiseries, une autre qui proposent régulièrement des rillettes et des pâtés, une qui fabrique des cornichons (ceux dont on avait oublié le goût… bien acides, pas les sucrés à l’anglaise qu’on trouve en revanche facilement…)… et dans les magasins spécialisés on trouve bien sur quelques vins français (même si parfois la conservation laisse à désirer). Cela dit, on n’a pas testé la moitié de tout cela, car on apprend à s’en passer, et finalement je n’ai pas envie de recréer non plus tout notre petit monde dans ce pays si éloigné.. On aura comme cela une bonne raison de « savourer » le retour en septembre ?!
Euh.. détail pratique pour les futurs arrivants… personnellement je n’ai toujours pas trouvé
(enfin je ne cherchais plus car j’ai encore un stock de France J donc info à vérifier ?) de Tampax, de
filtres à café jetables, de bon coton (en carré ou disque). Et toujours aussi difficile d’avoir du bon chocolat noir à dessert et des bons yaourts variés (sauf si on a la chance d’avoir une carte
Métro, ce qui n'est pas notre cas)… et pas de foie gras si vous restez à Noël J !
Il y a sûrement d’autres choses, mais chacun a ses petites habitudes… J
bon vous savez tout de ma vie maintenant J ! …
Pour rendre un peu de « légèreté » à ma liste d’activités, peut être étranges, que je viens de vous raconter, je vais quand même vous rassurer (enfin surtout pour les futures expats qui me lisent et se posent des questions J )… il n’y a pas que cela a faire. D’une manière générale, cependant , il est recommandé à la femme d’expat qui veut garder un bon moral de faire quelque chose de son temps libre, cela fait aussi partie de la réussite de l’expérience familiale dans son entier, et permet de moins focaliser sur les petits disfonctionnements et soucis qui surgissent bien sur aussi ici ! En tout cas, avoir du vrai temps libre, pour beaucoup d’entre nous, c’était carrément nouveau… ; une fois les enfants à l’école et les autres tâches accomplies. Même si globalement ici tout prend plus de temps ou est parfois compliqué, quand on enlève à son planning ménage, vaisselle, lessive, repassage, voire même si on le souhaite la cuisine, faut reconnaître que cela laisse quand même de la marge ! (et c’est ma grande crainte quant à notre retour en France J …).
Alors ici, les activités ce n’est pas cela qui manque, on peut à peu près tout faire : c’est ensuite une question de logistique familiale, de temps de transport et de volonté : beaucoup de sports sont représentés, on peut faire beaucoup de bénévolat en tout genre, des cours de langues, d’ordinateur, de musique et d’instruments, de photo (mon grand regret, je viens tout juste de le découvrir mais n’ai plus assez de temps), de danse, des loisirs créatifs (peintures, mosaïques, scrapbooking, poterie…), bridge (jamais entendu de belotte ici J ) …
Le plus dur c’est la constance, car beaucoup des activités qu’on démarre un jour, un certain horaire peuvent soudain s’arrêter ou changer…
Du coup échelonnés dans le temps sur deux ans j’ai quand même pu faire (en dehors de mes apprentissages dont je vous ai déjà parlé) …
La salle de gym (bon la salle est toujours là, c’est plutôt ma motivation qui est changeante…) , du badminton, des cours de danse Bollywood avec le « beau Arun » : ça c’était pour moi un moyen génial et fun de faire du sport à fond, et un super souvenir, j’ai vraiment regretté que le prof ne puisse plus venir dans notre quartier, et faire 3 heures de route pour une heure de cours ailleurs, c’était rédhibitoire)
quelques ateliers « loisir créatif » fort conviviaux chez notre copine indienne
Poonam (voir un vieil article du 5 décembre 2006 « créa chez Poonam » http://expataucurryindien.over-blog.com/article-4791399.html, ) ou j’ai fait un peu de mosaïque

et de « tie and die » (technique de teinture, en faisant des nœuds avec de la ficelle pour fabriquer des dessins et jouer avec les différentes couches de teinture)… mais je n’ai jamais
pris le temps de réécrire la dessus…


quelques cours de cuisine indienne avec une indienne Jolly qui a aussi plein d’autres talents artistiques, entre autres la peinture d’inspiration ethnique, sur toutes sortes de support (vous
pouvez retrouver certaines recettes car ma collègue Virginie a été plus courageuse que moi et en a retranscrites certaines sur son blog cuisine http://www.cookindia.canalblog.com)
à cela j’ajoute que la photo (et tout ce qui en découle) et « l’ordinateur » d’une manière générale, me prennent une place folle au quotidien… ne serait-ce que le fait de suivre l’administratif d’une expatriation, d’écrire et répondre aux mails (mais merci à tous ceux qui gardent le contact à distance, j’apprécie énormément !) , et d’écrire sur le blog ( et merci à ceux qui me lisent, au moins je ne fais pas seulement cela pour revenir avec mon carnet de voyage…)…. Je n’imaginerai même pas une expat sans internet… J pour plein de raisons, ce devait être beaucoup plus dur avant cette ère c’est sur !
sur ce, forcément , à bientôt sur nos ondes J
J’ajoute à cela dans ma « confession » , pour compléter la panoplie de ces activités
"spéciales" mais phares de ma « vie en Inde » :
Mes débuts dans la pratique du yoga, mais là début est bien le mot, je resterai à des années
lumières de tenir debout sur ma tête…ni même de m’asseoir en lotus. Il fallait quand même que j’expérimente car ici c’est vraiment une tradition, la plupart le pratique chez eux ou dans des cours
qui se passent à l’aube (forcément un des exercices de base c’est Sourya Namaskara, en gros la salutation au soleil).
Euh moi, même si William m’oblige à me lever parfois à 6h30 (contre ma volonté bien sur et mon biorythme…), je me contente des cours pour « touristes du yoga » qui commencent plutôt
après 9h !
mais aussi dans la pratique de la « méditation » …
C’est un mot couramment utilisé ici et la curiosité m’a encore poussée à expérimenter… cela fait aussi partie des « cours » que l’on trouve à tous les coins de rue, mais cela peut aussi se faire de façon privée, individuellement ou avec un groupe. Certains pratiquent des méditations à connotation religieuse et c’est une nécessité pour eux, c’est le cas de beaucoup de brahmanes par exemple qui ont besoin de ces instants pour se purifier et communiquer avec le « suprême ». Mais la méditation n’est pas forcement attachée à une religion particulière mais peut être tout à fait universelle, comme pour mon cas. Elle est utilisée comme un exercice de concentration totale, d’écoute de ses propres sensations, d’apaisement et d’anti-stress. C’est très bénéfique pour chasser toutes les mauvaises pensées et se concentrer sur le bien, l’amélioration de soi, de son pouvoir mental, démarche dit-on aussi indispensable par rapport aux autres pratiques holistiques que j’ai commencé à vous présenter dans les articles précédents…
Voilà dans ce thème je vous ai livré quelques aspects très personnels de mon petit chemin indien à moi… Ici, quand on n’est pas coincé toute la journée dans un bureau comme tous nos maris, il est facile d’avoir du temps, et l’environnement se prête à faire ce genre de découvertes et d’expériences. Je ne sais pas ce que j’arriverai à « garder » de retour en France mais une chose est sure, un passage par l’inde ne peut laisser indifférent et il y aura forcément des « séquelles »… J

Pour rester dans le thème de mes « découvertes holistiques », après le shiastu, l’acupressure et le docteur Jha, il faut que je vous conte une autre « expérience locale »… celle-ci date déjà de plusieurs mois mais je ne savais comment amener le sujet dans ce blog… maintenant après ces « confessions », vous aurez vraiment de quoi me prendre pour une sorcière en plus !
L’année dernière, une copine Indonésienne Edna nous racontait qu’elle avait découvert une méthode de traitements non médicamenteux qui apportait du bien-être, de la sérénité et des progrès dans le comportement de son fils autiste. Au fil des jour, d’autres témoignages, concernant différents types de symptômes et de soins se sont ajoutés et c’est ainsi que j’ai découvert pour la première fois le terme de « pranic healing »… l’expression ne voulait absolument rien dire pour moi à part le mot anglais « healing » qui indiquait une notion de soin/guérison.
Puis Edna a expliqué plus en détail qu’ il s’agissait d’une pratique très ancienne, connue depuis l’Egypte, la Mésopotamie, l’ Inde, et la Chine antiques, dans le Bouddhisme, basée sur la transmission d’énergie à distance par la main. Prana veut dire énergie en Inde. Appliquées selon des protocoles précis ces techniques permettaient de soulager et guérir certains maux et que si cela intéressait, tout à chacun pouvait même « apprendre » à faire certains traitements, que cela ne nécessitait pas à la base un « don » particulier. Encore une fois je retrouvais la fameuse philosophie du partage de connaissances pour permettre à un plus grand nombre de gens de trouver du soulagement à leurs problèmes…
Je suis a priori plutôt terre-à-terre, ne crois pas aux miracles, donc suis restée assez sceptique mais en même temps reprise d’une terrible curiosité d’en savoir plus… n’étant pas la seule dans ce cas là, cette curiosité a bien vite été assouvie. Edna, avide d’apprendre pour continuer à aider elle-même son fils, nous a mis en relation avec un professeur de la « clinique » car justement un des centres mondiaux de la fondation du Pranic healing, se trouve à Bangalore, et elle a pu organiser un stage à deux minutes de la maison !
L’occasion a fait le larron, au pire je jetais par la fenêtre 20 euros (et encore pour ce prix il me restait un beau livre sur le sujet) ; à Paris par exemple, la même chose existe pour 300 euros, j’aurai sûrement hésité plus longuement…
Et me voila au milieu de cours, ou on apprend…
à absorber de l’énergie pour pouvoir la retransmettre à quelqu’un, en se concentrant et respirant de certaines façons, à sensibiliser ses mains pour pouvoir « scanner » c’est-à-dire à sentir sans toucher, le corps énergétique d’une personne en face de nous (encore très dur pour moi, il faut laisser de coté tous ses tabous trop terre à terre pour se laisser aller à ces perceptions, mais oui je confirme que c’est possible…), à localiser les fameux chakras (une notion dont on parle même en occident mais qui finalement restait très vague), à connaître les correspondances entre ces chakras et les organes internes, et c’est la ou la notion de traitement arrive : à « nettoyer » ces chakras des mauvaises énergies et à les « énergiser » pour retrouver un meilleur équilibre, ce qui aussi permet aux patients de rendre leur corps plus réceptifs en vue d’accélérer leur propre processus de guérison.
Puis pour renforcer certaines actions, on apprend à se servir de cristal qui est un excellent vecteur d’énergie.
Parenthèse en dehors des praticiens du pranic : ici de toute façon, tout le monde croit aux vertus des pierres, qu’elles ont des actions sur le mental, la santé, la chance… La couleur même de la pierre a une signification et un « pouvoir ». Même dans des classes peu aisées, ils (hommes et femmes) essayent d’avoir au moins un bijou avec leur pierre de naissance. Attention la pierre doit toucher la peau…
(ben moi aussi, Jean va m’offrir une bague « skin-touch » comme ils disent ici, avec ma pierre de naissance comme cadeau de départ, on n’est jamais trop prudent !… J)
revenons au pranic : à noter qu’en occident des médecins allopathiques commencent à utiliser aussi ces techniques surtout en parallèle de certains traitements lourds car les statistiques montrent que ces patients se sentent mieux, tendent à guérir plus vite, et que cela diminue certains des mauvais effets secondaires de leurs médicaments. Certains diront que c’est un effet placebo… mais au pire, si ce n’est que cela mais que cela a un bon effet, pourquoi s’en priver ?…
En tout cas, les cours étaient passionnants, très liés aussi à la compréhension de la culture orientale, c’est aussi très bénéfique pour son propre moral et mental car on apprend à se concentrer sur le positif. D’ailleurs un des grands principes de cette discipline c’est de croire que les pensées négatives, l’aigreur, la rancune, les colères accumulées, nuisent à notre propre santé, qu’il faut donc s’appliquer à les chasser et à pardonner.
au passage forcément on apprend plein de trucs sur l’anatomie , j’ai vraiment fait des progrès la dessus en connaissance mais aussi en vocabulaire en anglais !.
je me suis vite amusée à surnommer notre petit groupe « les sorcières du Palm Meadows », surtout depuis le jour où nous avons acquis avec fierté notre morceau de cristal, qu’on a appris à le purifier, à se l’approprier, et qu’il a fallu sortir dans le jardin pour le déposer dans l’herbe afin qu’il se charge en énergie solaire, là mon étonnement était à son comble… je me souriais à moi-même et me demandais sur quelle planète je vivais en ce moment, à des années lumières de mes dernières 15 années passées dans le stress quotidien de mes dossiers d’ événementiel, à créer, organiser et solutionner du « purement rationnel et matériel », à satisfaire les besoins, voire les caprices et délires bien concrets de nos clients… (quoique certains dossiers nous permettent de créer du rêve… mais bon… moyennent finance bien sur ! J).
Cela dit, étrangement, je me souviens d’une expression qu’on utilisait en riant, avec mes copines de boulot, à cette époque, dans les pires moments de stress : « allez, respire un grand coup, ouvre tes chakras… ça va aller mieux ! » ou qu’on chantait « ômmmmmmm » , sur les conseils de notre chère « France », la plus farfelue du bureau (rassures toi, Danielle, tu restes aussi en pole position J …) cela prend finalement tout son sens maintenant…
n’empêche que dans toutes ces découvertes, il y a des trucs vraiment bluffant j’en conviens, mais une fois encore cela demande beaucoup de travail personnel et de persévérance… il faut faire tomber ses propres barrières psychologiques, et créer ses propres expériences pour gagner en confiance et en habileté… donc mon chemin est long et se mérite, si je veux avoir assez de « pouvoir » J
annonce officielle sur les écrans …
la sortie de la version hindi du film « retour vers le futur »…
avec dans les rôles principaux Ganesha-jean, Shiva-williamesh, Sourya-lalithaleticia,
dès septembre 2008,
dans les meilleures salles de la côte d’azur, tout près de chez vous…
comment nos héros vont-ils surmonter les épreuves de ce voyage retour au pays des réalités, dans un futur inconnu, sûrement semés d’embûches…
surtout qu’ils n’auront plus l’aide de leurs acolytes assistants Rameshdriver et Lakschmimaid pour solutionner les énigmes quotidiennes, car eux, vous l’aurez compris, sont toujours coincés dans leur espace-tempshindou.
Chacun sait que le-curry-indien ne pourra plus leur servir de carburant, mais sauront ils apprivoiser le-Pistou, la fameuse énergie du futur ?
En attendant, ne manquez pas les derniers épisodes de leurs aventures aux pays des vaches errantes et des têtes dodelinantes…
S’il y a des rencontres qui auront marqué mon séjour en Inde, c’est bien celle avec le docteur Jha ! il est temps que je lui dédie un petit article, et que je vous présente son logo pour le moins « fascinant » !
Depuis notre arrivée ici, finalement (je touche du bois et pourvu que cela dure) nous n’avons été que très peu malade, William un peu plus dans les débuts mais rien de plus que les mêmes aléas qu’on aurait sûrement eu en France… en revanche chaque fois que nous avons vu les médecins ici (pratiquant évidemment l’allopathie et formés à l’occidentale), nous sommes tous ressortis avec une bonne dose d’antibiotique (et pas des plus « raffinés », vous pouvez relire pour mémoire mon article du 17 mars 2007 « impressions médicales » http://expataucurryindien.over-blog.com/article-6048374.html).
Alors depuis, j’écoutais les bruits de « couloir » , les conseils par bouche à oreille marchant extrêmement bien ici, et un nom revenait : doc Jha, ce qui a attisé ma curiosité jusqu’à aller tester « ses bons soins »… et même d’y emmener certains de nos amis de passage comme Pierre Laurent et Olivier, qui se sont trouvés ici en « manque » de leur pharmacie habituelle et avec quelques douleurs... Je ne vous livrerai pas ici par discrétion, tous les détails de nos « bobos » mais je dois dire que nous avons chaque fois été « bluffés »…
il faut certes avoir l’esprit ouvert et être prêt à tenter une expérience plutôt pittoresque de premier abord :
15 minutes de chez nous, on quitte la route principale « airport road » pour s’enfoncer sur un chemin de terre de quelques centaines de mètres, d’un coté des cahutes, de l’autre des tas de poubelles qui fument, des enfants qui jouent avec des cailloux et des bâtons, des femmes qui font la lessive et la vaisselle à même le sol…
euh tout cela est un paysage absolument normal ici… au bout du chemin quelques maisonnettes en béton (mais récemment repeintes, ça met un peu de couleur à l’ensemble…) à toit de tôle (un des habitats les plus traditionnels, pour ceux qui ont « la chance » d’avoir un abri en dur comparé aux tentes mais qui ne peuvent encore se permettre de vraies maisons, villas, ou appartements dans immeubles récents…).
Devant une des portes ouvertes, à l’extérieur, souvent un tas de gens.. assis par terre ou sur un long banc en pierre ou sur des chaises en plastique qu’on attrape directement sur une pile à disposition : ça c’est la première salle d’attente !
un livre circule pour qu’on note son numéro d’arrivée.
Quand vient son tour, on se déchausse, et à l’intérieur, on rentre au moins par quatre, ça c’est la seconde salle d’attente d’environ 5 mètres carrés, mais c’est aussi la « salle de consultation » : ici pas de docteur derrière un beau bureau ni de lit pour s’allonger, les patients sont juste devant lui, chacun assis genou contre genou. L’auscultation commence, pendant que les 4 autres attendent patiemment, un mètre derrière, d’autres personnes souvent vont et viennent de la pièce attenante…
Cela dit, ce genre de consultation « en groupe » n’est pas rare en Inde, quelque soit le type de médecine en question, l’idée parait-il est que si on n’est pas capable de parler ouvertement de sa maladie c’est qu’on n’est pas encore prêt à la combattre… « food for thoughts »….
Pour vous planter le reste du décor :
dans un coin une petite table bancale avec un ordinateur , mais oui ! (et même que ce docteur répond aux emails…) ; une armoire pleine de bouquins et de photos, à portée de main du docteur des petits ustensiles : rouleaux pour masser, petits bâtonnets en bois ou métal appelés Jimmi (dont je comprendrais bientôt l’utilisation…), un pendule (je dis bien « un ») mais aussi une pendule qui elle donne l’heure, des boites avec des graines de toutes sortes, un tensiomètre, des posters et statuettes de dieux hindous, parfois un petit lézard court sur un mur, et une fois même c’est une souris qui est passée (pas de panique, un dieu ne doit pas être bien loin…)
Bienvenue chez un docteur « holistique » (holistic en anglais) ; voila bien un mot que j’ai découvert ici que cela soit en anglais ou en français. En gros cela signifie qu’on s’occupe d’un patient dans une globalité, par exemple on ne considère pas un organe qui révèle une maladie comme quelque chose à soigner isolement au niveau physique, mais on prend en compte la dimension énergétique du corps et l’aspect psycho émotionnel de l’individu ; on n’essaye pas forcément de faire disparaître un symptôme mais on cherche la source du problème et la raison du déséquilibre qui a conduit une maladie à apparaître… attention, ces praticiens ne dénigrent absolument pas la médecine allopathique mais cela s’avère être dans bien des cas une bonne pratique alternative ou du moins parfaitement complémentaire.
j’en conviens c’est un peu nébuleux mais plus concrètement il utilise principalement des techniques d’acupressure, de réflexologie, de médecine ayurvédique, de phytothérapie, d’auriculothérapie, de travail sur les énergies (reiki, ou Pranic healing je vous parlerai de celle-ci un autre jour plus en détail…)…
en tout cas une chose est sure, ce sont des pratiques ancestrales, issues de la médecine orientale (principalement chinoise) et beaucoup moins onéreuses, donc très utilisées dans des pays comme l’inde ou encore une grande majorité des gens n’ont pas les moyens de se payer des soins « occidentaux ». Pour vous donner une idée, chez ce docteur , pourtant vraiment réputé, on se fait soigner pour quelques roupies, si on n’a pas de moyens, ou au pire même au tarif le plus cher qu’il applique à ceux qui peuvent se le permettre (et même aux expats…) cela ne coûte que 1,5 euros !
Ici, pas non plus « d’horaires de cabinet » , les patients défilent de 7h le matin jusqu’à parfois 22 ou 23h… il habite avec sa femme et ses 3 enfants dans la pièce à coté qui fait office de cuisine, salle à manger, chambre à coucher… ce curieux personnage a une hygiène de vie stricte, et il s’est, dit-il, « programmé » à avoir moins besoin de sommeil, en revanche il lui ait indispensable de se lever à 4h du matin et de faire minimum deux heures à trois de yoga et méditation pour recharger ses bonnes énergies et pouvoir soigner.
Le plus souvent, pendant que le patient s’assoit, il lui attrape et palpe d’abord la main, le pouls, il écoute et regarde de ses petits yeux perçants et étonnement brillants, avec beaucoup d’attention et de compassion. A ce moment là on a quasi l’impression d’être passé aux rayons x et il commence à nous sortir des vérités « sur nous-mêmes »…Puis son travail sur les mains et les pieds se précisent et on peut dire qu’il sait instantanément appuyer sur le « point qui fait mal », c’est là qu’il faut traiter car chaque point correspond à un organe ou une partie du corps ou justement vous aviez un symptôme ou un dérèglement. Ce sont les techniques de réflexologie et de Sujok ou le corps humain correspond et est représenté dans son entier dans la main et dans le pied selon des diagrammes bien précis. Puis il ajoute d’autres types de traitement en fonction des besoins…
En tout cas, on repart généralement avec les mains ou les pieds comme cela… sur les points d’acupressure qui ont nécessité le traitement il scotche des graines naturelles (choisies pour leurs caractéristiques et bienfaits) ce qui permet à l’effet d’agir encore quelques heures… (c'est moi qui a colorié les points des graines pour mémoire)
C’est un résumé en fait très simpliste, et en bonne « occidentale » je suis restée longtemps très sceptique mais je reconnais qu’à force d’exemples, même sur moi-même, la logique de ces correspondances m’est apparue très saisissante.
Cela me conduit à vous parler de la seconde facette de ce docteur, et là c’est sur, vous allez en conclure que je suis « gouroutisée » ou que je fais partie d’une « secte »… je vous rassure j’ai encore toute ma tête et cela ne m’aura coûté que quelques roupies, juste pour la forme…
Il y a dans la culture indienne une philosophie très particulière quant à la médecine traditionnelle : celle du besoin de partager des connaissances. Dans bien des cas, ils estiment qu’il est important de transmettre à autrui des pratiques afin qu’au moins une personne par famille soit capable de soigner certains maux, sans avoir recours aux praticiens, ou cela permet d’expliquer certaines choses faites a priori par tradition, passées de générations en générations.
Eh bien j’ai justement pu suivre des « cours du docteur Jha » : Je ne serai jamais docteur mais c’est passionnant. J’ai vite réalisé que c’était un bon moyen de mieux comprendre justement certains aspects de la culture indienne, pourquoi font ils telle ou telle chose, pourquoi se lèvent ils si tôt, mangent ils tel genre de nourriture à telle période, dans tel cas de figure, pourquoi les femmes mettent elles un anneau autour d’un des doigt de pieds, qu’est ce que la théorie des 5 éléments, l’horloge biologique, etc… tout ceci prenait soudain un sens et une logique. Il nous fait aussi une présentation générale de ces différentes médecines traditionnelles et petit à petit nous livre quelques techniques qui, avec de la persévérance bien sûr, pourraient nous permettre de soulager certains maux classiques sans faire appel à des médicaments chimiques. L’acupressure et la réflexologie sont les plus fascinantes, c’est ainsi que je commence à découvrir, voire à utiliser certains petits outils comme le jimmi dont je parlais plus haut.
Selon le docteur Jha, l’étape suivante à ces cours théoriques, c’est maintenant de venir « pratiquer » , profiter d’avoir un tas de patients qui attendent pour oser leur prendre la main et tenter de mettre en relation ces connaissances avec les effets qu’ils ressentent. C’est pour moi un grand pas à faire je l’avoue mais j’ai déjà bravé mes appréhensions quelques fois et c’est très enrichissant. Beaucoup de ces patients indiens sont issus d’un milieu social très bas, parlent pas ou à peine anglais (enfin j’ai au moins appris à dire douleur en hindi !), alors voir une « visage pâle » leur prendre la main c’est déjà bien surprenant pour eux, et presque « un pas vers la guérison » J J
C’est aussi dans ce cadre et cette suite logique, que j’ai décidé de faire le stage de massage shiatsu dont je vous ai parlé récemment, puisque cette technique s’appuie aussi sur l’acupressure, et le travail sur les méridiens.
Malheureusement notre temps restant en Inde ne me suffira sûrement pas pour approfondir suffisamment pour « soigner » et pour gagner de la confiance mais cela reste en tout cas un beau souvenir à ramener en France. Je tacherai au moins d’en savoir assez pour remédier aux petits maux diverses et habituels de tête, de ventre, de dos… J
Encore une page qui se tourne… Hier notre couple d’amis franco-singapourien Olivier, Angie (alias Kim Lan) et leur fils Louis ont quitté Bangalore. Ils partent maintenant s’installer à Grenoble. Nous avons vécu plein de bons moments avec eux alors ils méritent forcément une place dans ce blog, qui deviendra « nos mémoires de Bangalore » J. En guise de souvenir de leurs meilleurs moments passés à Bangalore, je leur avais aussi composé un poster montage photos qu’ils ont je crois bien apprécié.
Lors de leur soirée de départ, ils ont eux composé une chanson, sur l'air de « Adieu, Monsieur le Professeur », de Hugues Auffray qu’ils ont chantée devant toute l’assistance. Si j’ai envie de vous en livrer les paroles c’est parce que c’est « exactement çà ! », ce qu’on vit ici ou ce qu’on ressent… Ce moment était à la fois amusant et émouvant. Evidemment pour vous lointains français cela ne vous évoquera pas grand-chose, mais les ex-expat de Bangalore, ou ceux qui sont venus nous voir, reconnaîtront bien des points J. C’est tellement juste que cela pourrait devenir notre hymne. La chanson a été écrite en français et en anglais, je vous rajoute quelques petits commentaires en bleu…
Les amis font une farandole
et les Toffin sont tout émus (Toffin est leur nom de
famille)
Demain, ils vont quitter leur Palm Meadows
Chez Schneider Olivier n'ira plus
Adieu nos amis carnassiers (ils étaient
végétariens par choix pas par religion)
On ne vous oubliera jamais
Et tout au fond de notre coeur
D'artichaut on s'est régalé
Nous vous offrons un peu de pinard
Pour dire combien on vous aimait
On ne vous oubliera jamais
Adieu nos amis les râleurs ! (réputation
de raleurs les frenchies ?)
Marathahalli bridge is now over
the traffic becomes fantastic
Especially to go to new airport
That's the beauty to live in Bangalore
(nous avons vu se construire ce fameux pont de Marathahalli
pierre après Pierre et il a quand même réduit le temps d’embouteillage à cet endroit incontournable pour aller en centre ville; en revanche l’aéroport que l’on connaît était à 30 mn de notre
quartier, il a fermé, et le nouvel aéroport ouvert en avril 2008, certes plus grand et moderne est maintenant à quasi 2h de route..)
Goodbye the Veg' and the Non-Veg'
Adieu Masala and pooja
How to survive without chai
no fireworks for Diwali
(j’ai déjà
plus ou moins parlé de ces choses mais pour mémoire, le masala est un mélange d'épices bien pimenté, les pooja sont les prières hindoues; le chai est le thé au lait et aux
épices très sucré ; la fête de diwali est un festival ou on craque moultes feux d'artifice et
pétards)
So good the silicon Valley (surnom evidemment de Bangalore)
is in fact the silly cow valley (mignon le jeu de mot!)
You said you need just 5
minutes
I'm waiting for a century (trop vrai sur la notion du temps
ici!)
Expat contract is almost over
It's time to pack and to party
Adieu villa, housemaid and driver
Atcha, go back to reality (mouais, moi ça me fait peur à ce niveauJ
)
Goodbye Whitefield and Palm Meadows
Maintenance, security teams
Why were you so frequently out
Especially during blackouts ?
En effet les coupures de courant et autre problème électrique restent très fréquents, et à chaque réparation ou appel de la maintenance, on me dit “ah mdam, this is just loose connection”.. cette phrase restera dans mes archives c’est sur)
Thank you India, Karnataka,
you have made us very happy
You are like that, you are like that,
We know you are like that « only »...
“only” est une des expressions les plus typiques ici en anglais-indien, on le met à toutes les sauces, par exemple un chauffeur dira toujours quand vous tentez de savoir ou il est passé ou s’il est en retard « I am here only »… bref il est presque là mais à vous de trouver à combien de temps se réfère ce presque, ou ce « only »…
Merci Angie et Olivier, vous nous manquerez ! bonne continuation et bonne chance pour la suite de vos aventures ! et on se reverra peut être quelque part en France ?

Hier, William nous a fait spontanément et tout seul dans son coin un dessin, qui pour la première fois ressemble à un vrai bonhomme ! en ce moment j’avais remarqué qu’il aimait passer plus de temps à colorier et dessiner mais il me fallait son explication orale pour comprendre son « monde »… voilà donc une nouvelle étape qui est arrivée sans prévenir du jour au lendemain…
Pendant que nous prenions tranquillement notre café, il est arrivé, avec un brin de fierté que j’ai tout de suite décelé, pour nous montrer son « œuvre » en nous expliquant que c’était Papa devant la porte de la maison ! J’avoue que j’ai d’abord pensé que c’était E.T. qui venait rendre visite à ses copains humains, mais il ne connaît pas encore ce film, donc pas de doute, c’est Papa (à qui on a souhaité au passage une bonne fête grâce à cette belle coïncidence !). Je me suis quand même permise de demander où étaient ses bras, et notre William nous a répondu « ben tu vois bien ! le long de ses jambes » en nous mimant le geste J. Le soir, on a eu un autre dessin du « bonhomme-sans-tronc », cette fois avec les bras écartés J
Le Shiatsu est une technique très spécifique de massage d'origine japonaise issue de l’acupressure (shi signifie doigts et atsu pression), elle se pratique le plus souvent, sans ajout d’huile, sur des patients habillés de coton léger. Le « masseur » exerce principalement les pressions avec les pouces, les doigts et les paumes des mains (parfois même avec les coudes, les genoux et les pieds) des pressions le long des méridiens et les tsubos (des points clefs d’énergie vitale). Cette technique permet de corriger des troubles intérieurs, a des effets bénéfiques sur la santé en rééquilibrant les énergies dans le corps et évitant des blocages (qui à la longue peuvent engendrer des douleurs, symptômes, voire maladies), et selon les exercices elle a des pouvoirs extrêmement relaxants et/ou énergisants. Pratiquée à un certain niveau cette technique a des vertus thérapeutiques pour soigner des problèmes spécifiques et certaines maladies déclarées.
Si je vous parle de cela aujourd’hui, c’est parce que je suis toute fière d’avoir obtenu un joli certificat pour avoir suivi avec succès 60 heures de stage pour pratiquer à un premier niveau le shiatsu Anma « traditional Japanase Bodywork ».
Grâce à ma copine Angie, originaire de Singapour, un petit groupe de filles motivées s’est formé et on a pu suivre l’enseignement « en personne » du réputé Terry Liew fondateur de l’école de Shiatsu de Singapour (http://www.theshiatsuschool.com/).
Nous voici.. Un beau mélange de pays et professions différentes :
de gauche à droite : moi, Terry (notre Master), Chitra (indienne Kiné physiothérapeute revenant des plusieurs années aux usa), Angie (de Singapour, en formations diverses pour exercer bientôt différents types de traitements orientaux et médecines alternatives), Dana (tchèque, qui avec moi, étions les seules pas du tout du milieu « paramédical et assimilé » mais fascinées par cette facette de la culture orientale), Bindu et Carol (indiennes travaillant déjà dans un spa de Bangalore), Anna (allemande, kiné physiothérapeute).
Evidemment c’est en forgeant qu’on devient forgeron, je n’en suis modestement qu’à un petit début : Une fois les techniques de base bien acquises il faut surtout améliorer son toucher et sensibilité, ses connaissances du corps humain et même idéalement de science orientale (surtout pour la cartographie très complexe des méridiens et des points d’acupressure , et de leurs actions sur tous les organes).
En tout cas, j’ai découvert que cela me plaisait, que le sentiment de faire du bien à autrui est forcément gratifiant, et qu’en plus cela me remplaçait avantageusement une heure de gym car c’est en fait très physique à faire J .
En plus j’ai des copines très (trop ?) gentilles qui me disent que j’ai du « fluide » lorsqu’elles ont bien voulu nous servir de cobaye quand nous avons fait des « séances en réel » les derniers jours de stage sous la supervision de notre « Master », et depuis chez moi ou la chambre d’ami s’est soudainement converti en salle de massage…. Au passage, Jean est ravi lui aussi car il adore, et toujours prêt à servir de cobaye. D’ailleurs, depuis, toujours avec ma copine Angie, nous peaufinons nos connaissances et apprenons d’autres techniques pour compléter les séances.
Alors qui osera faire cobaye en France ? et qui sait devenir ensuite « client fidèle » J !!! ???
ça y est cette semaine, après deux mois de vacances, William a repris le chemin de son école Neev. Il attaque sa deuxième année de maternelle qu’on appelle ici K1. Tout s’est très bien passé, c’est à peine s’il a dit au revoir et c’est en souriant qu’il a franchi la barrière, tout seul comme un grand (car la différence avec l’année dernière c’est que maintenant les parents restent dehors dès le premier jour J) et qu’il a dit bonjour à ses nouvelles maîtresses Lakschmi, Gita et Nidhi. Il a été manifestement aussi ravie de retrouver Miss Marina, une des ses préférées et qu’il connaît déjà puisqu’elle s’occupe pour tous les niveaux principalement de la musique et des chants ! Je crois qu’elle fascine surtout depuis longtemps William car elle leur joue du piano et il adore les « trucs à touches ou à boutons » (Belle-soeurette Sophie, faudra que tu prennes la relève en France hein ?J )
Je crois qu’il était aussi content de montrer à ses copains son nouveau sac Ben 10, qu’on avait trouvé en Thaïlande et gardé à cet effet. Et oui, à quatre ans, on échappe pas aux « modes »…
je fais une parenthèse « Ben 10 » car cela restera marqué à cette période de notre séjour en Inde. C’est en fait un dessin animé qui fait fureur auprès des 4-10 ans, mais je ne sais pas si c’est suivi en France ? en bref, c’est un gamin qui, grâce à un gros bracelet, peut se transformer en 10 « aliens ou monstres » , qui ont des pouvoirs différents selon les besoins, et heureusement , vu l’age des spectateurs, ce ne sont que des monstres gentils qui justement sont là pour sauver le monde !!! passionnant n’est ce pas ? J
William avait été initié par ses copains Tristan et Baptiste lors de notre séjour à Dubaï en janvier. Depuis la fièvre Ben 10 a totalement gagné Bangalore et on commence à trouver les produits dérivés. Et si « t’as pas un jouet Ben 10, ben t’es pas d’la bande !!!! » en gros c’est ce qu’on a compris autour des bacs à sable…



